Darfour: le Soudan continue d'enfreindre l'embargo sur les armes

Redaction

Afp, 23 Août 2007

L'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International a affirmé jeudi que le gouvernement soudanais continuait d'enfreindre l'embargo sur les armes imposé au Darfour par les Nations unies.

S'appuyant sur trois photographies prises selon elle en juillet à l'aéroport de Geneina, capitale du Darfour-ouest, l'association basée à Londres affirme que "le gouvernement soudanais continue à déployer des équipements militaires offensifs au Darfour malgré l'embargo de l'ONU sur les armes et les accords de paix".

Selon Amnesty, une première photographie montre des soldats de l'armée soudanaise en train de décharger des conteneurs d'un Antonov, avion de fabrication russe, sur des camions militaires à l'aéroport de Geneina. Les deux autres montrent sur ce même aéroport des hélicoptères militaires (Mi-17 et Mi-24) fournis par la Russie en 2005 et 2006, selon Amnesty.

L'ONU a imposé un embargo sur la vente et la livraison d'armes au Darfour pour les organisations non-gouvernementales en juillet 2004, étendu en 2005 à toutes les parties au conflit.

Dans un rapport publié en mai, Amnesty avait déjà accusé le Soudan d'enfreindre cet embargo, affirmant que des armes fournies par la Chine et la Russie étaient utilisées au Darfour.

Le conflit qui sévit depuis plus de quatre ans au Darfour a fait 200.000 morts et deux millions de déplacés, selon l'ONU, des chiffres contestés par le Soudan, qui parle de 9.000 morts.

Amnesty a appelé jeudi les Nations unies à "agir résolument pour s'assurer que l'embargo est effectivement respecté", plaidant notamment pour la présence "d'observateurs de l'ONU dans tous les ports du Soudan et du Darfour".

"La prolifération de petites armes et de véhicules militarisés au Darfour a entraîné des attaques de convois d'aide humanitaire et d'autres attaques dévastatrices contre les civils", a-t-elle également déploré, faisant référence à des rapports d'attaques dans le sud-Darfour.

Le Conseil de sécurité a voté le 31 juillet pour le déploiement au Darfour d'une force mixte ONU-UA de 26.000 hommes. Son déploiement total n'est toutefois pas attendu avant le milieu de l'année 2008.

"Si des armes continuent à affluer au Darfour et si les soldats de maintien de la paix n'ont pas le pouvoir de désarmer et de démobiliser tous les groupes armés d'opposition et la milice Janjawid, la capacité de la nouvelle force de paix à protéger les civils sera grandement entravée", a prévenu Amnesty.