Les refugiés du Darfour en Israel

Patricia Allemoniere

Lci, 12 Septembre 2007

Les soudanais se refugient en Israël

Personne ne connait leur nombre exact Les clandestins africains, jusqu'en avril dernier, étaient en quelque sorte tolérés. Peu nombreux, ils ne gênaient personne, on les voyait bien près de la routière à TEL Aviv, mais cette main d'oeuvre bon marchée, pour un pays en plein boom, plus de 6°/° de croissance, était plutôt bien acceptée.

Et puis, en avril, il y a eu une arrivée massive de soudanais, en quelques mois 1600 dont 400 du Darfour, ont traversé clandestinement la frontière entre l'Egypte et Israël.

Ceux que nous avons rencontrés, invoquent, tous les même raisons pour expliquer leur départ d'Egypte.

Les intimidations et les violences dont ils sont victimes dans les grandes villes comme le Caire, la rumeur venue d Israël, «ils étaient bien accueillis et pouvaient trouver facilement du travail » les ont incité à traverser le désert du Sinaï.

Pour 400, 500 dollars, un passeur, bédouin, leurs fait passer la frontière. Il suffit d'être deux pour entrouvrir le grillage équipé de capteurs électroniques qui longe la frontière. Un voyage dangereux, certains, découverts par des militaires égyptiens, en pleine nuit, ont été tués par balles.

Les premiers groupes, au départ, ont été hébergés dans des hôtels à Eilat, d'autres dans des centres d'hébergement. Mais très vite, ces installations ont inquiété les municipalités, certains maires n'ont pas hésité à les expulser. Des drames humains qui ont fait la une des médias, les télévisions ont diffusé des images de familles entières chargées dans des autobus pour être déposées en pleine nuit à Jérusalem alors que d'autres trouvées par l'armée sur une des route proche de la frontières égyptiennes étaient abandonnées à la gare routière de Ber Sheva dans le désert du Néguev.

La société israéliennes, certaines familles se portent volontaires pour les accueillir

L'une d'entre elle vit dans un moshav à l'extrême sud du pays.

La plupart des hommes ont déjà trouvé un travail à Tel Aviv, leur objectif, gagner suffisamment d'argent afin de trouver un logement pour accueillir leur femme et enfants. Pour ces israéliens qu'ils soient du Darfour et arabe ou du sud soudan, chrétiens et africains ne comptent pas, leur geste, disent- ils, est humanitaire ; Les juifs qui ont été victimes de persécutions, devraient accepter ces hommes et ses femmes sans faire de distinctions sur leur origine, affirment-ils.

Mais le gouvernement en décide autrement :

A la mi août, il annonce qu'Israël accepte de garder 400 soudanais, venus du Darfour pour des raisons humanitaires, les autres seront renvoyés en Egypte.

Ceux qui resteront, obtiendront le statut de réfugiés. Le israeliens très proches des comités qui militent pour une intervention au Darfour, se doivent de faire un geste.

Une décision qui ne fait pas l'humanité:

Certains s'y opposent, en donnant le statut de refugiés à ces hommes, femmes, enfants, originaires du Soudan, un pays ennemi, Israël, disent ils risquent de créer un précédent pour les palestiniens.

D'autres estiment que le pays ne va pas assez loin : les associations des droits de l'homme, les étudiants proches de la gauche israélienne, crient même au scandale. En renvoyant ces familles en Egypte, le gouvernement, à leurs yeux, les expose à une mort certaine. Rien ne permettait d'affirmer que l'Egypte ne les reconduira immédiatement à la frontière soudanaise et aux yeux de Khartoum, ils méritent d'être sévèrement punis, ils sont allées se refugier en Israël, l'ennemi de toujours, Israël.

La situation est pour l'instant gelée, coté autorités, c'est le silence radio.