Le Soudan prêt à un cessez-le-feu avec les rebelles au Darfour

Redaction

Afp, 15 Septembre 2007

Le président du Soudan Omar el-Béchir a annoncé vendredi être "disposé" à un cessez-le-feu avec les groupes rebelles du Darfour avant la reprise des négociations de paix, en octobre en Libye, dont le pape Benoît XVI a "vivement souhaité la réussite".

"Nous avons annoncé que nous étions disposés à un cessez-le-feu pour le début des négociations afin de créer un climat positif de manière à trouver une solution", a déclaré le président soudanais à la fin d'un entretien avec le chef du gouvernement italien Romano Prodi.

"Nous avons fait état de la disponibilité du gouvernement soudanais à aller négocier avec les groupes rebelles à Tripoli. Mais il faut cependant faire pression sur tous les groupes qui n'ont pas participé aux négociations d'Abuja pour participer à la prochaine phase", a-t-il ajouté.

L'accord de paix d'Abuja n'a été signé que par un seul groupe armé rebelle en 2006. Les autres groupes se sont rencontrés début août en Tanzanie pour établir un programme commun en vue des négociations avec Khartoum. Les pourparlers de paix doivent s'ouvrir le 27 octobre en Libye.

"J'aimerais dire que les négociations qui vont s'ouvrir seront conclusives", a déclaré M. el-Béchir lors d'une conférence de presse donnée vendredi soir dans un grand hôtel de Rome.

"Nous pensons que certaines factions ne sont pas prêtes pour la paix. (Leurs leaders) aiment séjourner dans des hôtels de luxe en Europe. On peut dire qu'ils tirent profit de la souffrance de leur population au Darfour. Chaque jour nous voyons (apparaître) une nouvelle faction, de nouveaux dissidents", a affirmé le président soudanais.

Benoît XVI a pour sa part "vivement souhaité la réussite" de ces négociations "afin que l'on puisse mettre fin à la souffrance et à l'insécurité des populations, leur assurant l'assistance humanitaire à laquelle elles ont droit", lors de l'audience accordée à Omar el-Béchir, la première accordée à un président soudanais.

M. Prodi a quand à lui assuré que "l'Italie fera sa part, une part importante pour la paix au Darfour non seulement avec une participation financière, mais aussi avec la mise à disposition de moyens de transport et de structures logistiques pour les troupes de paix, en plus des programmes d'entraînement du personnel" de la mission de l'ONU au Soudan.

Longtemps refusée par Khartoum, la décision de déployer cette force de 26.000 hommes a été décidée en juillet par le Conseil de sécurité afin de pacifier le Darfour où s'affrontent forces gouvernementales et milices alliées à des groupes rebelles.

Quatre ans et demi après son déclenchement, le conflit, qui a fait 200.000 morts et plus de deux millions de déplacés selon l'ONU, se poursuit avec son lot quasi-quotidien de violences. Khartoum conteste ces chiffres, parlant de seulement 9.000 morts.

L'organisation Human Rights Watch (HRW) a profité de la visite du président soudanais pour demander à M. Prodi et au souverain pontife de faire pression sur Omar el-Béchir pour qu'il fasse arrêter les suspects de crimes de guerre réclamés par la Cour pénale internationale (CPI).

L'organisation cite le cas d'Ahmed Haroun, secrétaire d'Etat aux Affaires humanitaires, inculpé par le CPI et contre lequel la Cour a lancé un mandat d'arrêt, aussitôt rejeté par Khartoum.

HRW rappelle qu'Haroun "est cité dans son rapport de décembre 2005 comme l'un de membres du gouvernement impliqué dans de graves crimes au Darfour en 2003-2004"