Soudan : la crise du Darfour est loin d'être résolue

Redaction

Le Pelerin, 06 Août 2007

Malgré le vote du Conseil de sécurité des Nations Unies autorisant le déploiement de 26.000 casques bleus au Darfour, un évêque catholique romain soudanais affirme croire que la volonté politique manque pour mettre un terme à la crise qui affecte cette région troublée du Soudan.


"L'intérêt porté à la résolution de cette crise est minime", a déclaré au correspondant d'ENI l'évêque Antonio Menegazzo, d'El Obeid, dans une interview par courriel. "Les deux parties doivent faire des compromis, mais on dirait que personne n'est disposé à en trouver un."
De plus, Mgr Menegazzo, dont le diocèse couvre la région du Darfour - une zone équivalente à la taille de la France -, a déclaré que le gouvernement soudanais soutenait les janjawids, milices accusées d'avoir commis la plupart des atrocités au cours du conflit.

"Les factions rebelles devraient s'unir pour que leurs demandes aient plus de poids, mais au contraire, elles sont de plus en plus divisées. Il semble qu'elles recherchent le pouvoir et leurs intérêts personnels plus que le bien-être de la population", a écrit Mgr Menegazzo dans l'interview.

L'opération conjointe ONU-Union africaine a été mandatée le 31 juillet pour protéger les civils et mettre fin à la violence qui tourmente le Darfour depuis 2003. Près de 2,1 millions de personnes ont été déplacées et plus de 200 000 tuées au cours du conflit. La plus grande mission de maintien de la paix jamais mise en place débutera en octobre.

"La situation est grave. Des combats sporadiques ont lieu çà et la. L'insécurité est causée par les janjawids, qui continuent d'attaquer des villages d'innocents. Les combats et les janjawids font que la vie et les routes ne sont pas sûres", a expliqué l'archevêque.

Selon certaines agences de presse, le gouvernement soudanais a promis de coopérer avec les nouvelles forces soutenues par les Nations Unies. Les factions rebelles auraient également salué ces mesures.

"Cette résolution me convient", a affirmé, selon Reuters AlertNet, Abdalmahmood Abdalhaleem Mohamad, ambassadeur du Soudan auprès des Nations Unies. Il a affirmé que les négociateurs s'étaient donné beaucoup de mal pour satisfaire aux exigences du Soudan.

Le pasteur David Ibon, de l'Eglise presbytérienne du Soudan, a toutefois déclaré que le gouvernement pourrait faire échouer les efforts des casques bleus.

"Khartoum craint qu'une force étrangère ne sape son autorité. Des rumeurs circulent également sur la découverte de nouveaux minéraux, comme du mercure et de l'or. Je ne vois pas le gouvernement accorder un soutien total", a déclaré le pasteur Ibon.

Les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont menacé le Soudan de sanctions et la Coalition Save Darfur, alliance de plus de 170 agences humanitaires et organisations de défense d'intérêt d'inspiration religieuse, a lancé une pétition adressée au secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon pour assurer le succès du mandat.