Le Soudan goûte peu certaines demandes des rebelles du Darfour

Redaction

Reuters, 08 Août 2007

Le gouvernement soudanais ne s'est pas montré enthousiaste face à certaines des propositions conjointes émises par les groupes rebelles réunis la semaine dernière à Arusha, fait savoir l'envoyé des Nations unies au Darfour Jan Eliasson.

A l'issue de la réunion d'Arusha, parrainée par l'Onu et l'Union africaine (UA), les différentes factions rebelles ont formulé un programme commun, incluant des accords sur les territoires, ainsi que sur le partage du pouvoir et des ressources financières. Des négociations de paix avec le gouvernement ont également été proposées.

"Bien sûr, tous les points n'ont pas été accueillis avec un grand enthousiasme, mais c'est une base", a déclaré Eliasson après avoir rencontré à Khartoum des responsables du ministère soudanais des Affaires étrangères.

Selon Khartoum, un accord de paix pour le Darfour signé avec une faction en 2006 ne doit pas être rouvert pour satisfaire les demandes des rebelles.

"Le gouvernement ne souhaite pas renégocier l'accord de paix au Darfour (DPA). C'est donc une question dont nous débattrons à la fois avec le gouvernement et avec les groupes non-signataires", a ajouté Eliasson.

Il a précisé que les diplomates de l'Onu et de l'UA feraient la navette entre les différentes parties lors des prochaines semaines, afin de rapprocher les positions et de déterminer un calendrier pour les pourparlers.

Mutrif Siddig, haut responsable du ministère soudanais des Affaires étrangères, a déclaré que le gouvernement se félicitait de la réunion d'Arusha, mais était déçu par l'absence de certains groupes et l'abandon du calendrier original, qui prévoyait le début des pourparlers de paix en août.

"(Mais) au final, ce dont nous conviendrons s'ajoutera au DPA, et aidera la force hybride dans son travail", a ajouté Siddig, évoquant la force conjointe de l'Onu et de l'UA qui doit se déployer au Darfour avant la fin de l'année.

"Le Soudan est prêt à travailler sur certaines des parties du programme, y compris la déclaration de cessez-le-feu", a confirmé un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.