Conflit au Darfour: le processus politique est dans une "phase cruciale"

Redaction

Tribune De Genève, 03 Août 2007

L’émissaire de l’ONU pour le Soudan, Jan Eliasson, a jugé vendredi à Arusha que le processus politique en vue de régler le conflit au Darfour était entré dans une "phase cruciale" après la décision des Nations unies de déployer une force de paix dans cette région soudanaise. Dans une interview à l’AFP, M. Eliasson a salué la décision du Conseil de sécurité de l’ONU de déployer environ 26 000 soldats et policiers au Darfour comme "un signe fort que la communauté internationale est de plus en plus unie".

M. Eliasson participe à partir de vendredi à Arusha, en Tanzanie, à des pourparlers entre mouvements rebelles du Darfour et représentants de la communauté internationale au Soudan visant notamment à unifier les différentes factions rebelles.
"J’ai vu récemment quand j’étais à Nyala et dans d’autres camps (de déplacés, ndlr) du Darfour que la frustration grandit, la fatigue grandit. C’est intenable, nous ne pouvons pas continuer comme ça", a estimé l’envoyé spécial de l’ONU.
"Je crains une situation très dangereuse dans les camps" s’il n’y a pas de progrès rapides sur le front politique, a-t-il ajouté. "Cela prendra du temps avant que la force de paix ne soit déployée. Le processus politique est maintenant dans une phase cruciale", a-t-il poursuivi.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a autorisé mardi le déploiement massif d’une force des Nations unies et de l’Union africaine au Darfour, baptisée Unamid.
Le Soudan, après des années de tergiversations et de pressions occidentales, a accepté mercredi la résolution 1769 de l’ONU et le principe de cette force, à condition qu’elle soit essentiellement composée de soldats africains.
Le Darfour est le théâtre depuis 2003 d’un conflit entre le pouvoir central et des mouvements rebelles, qui réclament un partage équitable des ressources et plus d’autonomie pour leur région qu’ils estiment "marginalisée".
Quelque 200.000 personnes sont mortes depuis cette date, alors que le nombre de déplacés a dépassé les deux millions, selon des estimations internationales contestées par Khartoum.