L'Onu approuve l'envoi de la force "hybride" au Darfour

Redaction

Reuters, 01 Août 2007

Le Conseil de sécurité des Nations unies a approuvé mardi à l'unanimité l'envoi de 26.000 policiers et soldats au Darfour pour protéger les civils dans cette région aride de l'ouest du Soudan.

Cette force "hybride", commune à l'Onu et à l'Union africaine (UA), aura pour mission de faire cesser les violences dans cette région, où, selon les experts, 200.000 personnes ont été tuées et plus de deux millions d'autres chassées de leurs foyers depuis 2003.

Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, qui a mené pendant plusieurs mois les négociations avec Khartoum a qualifié la résolution d'"historique et sans précédent" et a appelé les Etats membres à envoyer rapidement des troupes "compétentes".

La résolution 1769 fait référence au chapitre VII de la Charte de l'Onu et autorise les soldats et policiers à recourir à la force en situation de légitime défense, pour assurer le libre mouvement des organisations humanitaires et pour protéger les civils.

Le texte, qui a été édulcoré à plusieurs reprises, ne permet plus à la force hybride de saisir et de détruire des armes illégales. Elle n'a plus que pour mission de surveiller ces armements.

L'ambassadeur du Soudan à l'Onu, Abdalmahmood Abdalhaleem Mohamad, a déclaré à la presse qu'il était satisfait de la résolution. Il a indiqué que le champ d'application du chapitre VII était limité et que les négociateurs "étaient allés très loin pour répondre à nos inquiétudes".

Le texte autorise précisément l'envoi d'un maximum de 19.555 soldats et 6.432 policiers civils, qui s'ils sont effectivement déployés, constitueront la plus importante force de maintien de la paix dans le monde.

L'ambassadeur des Etats-Unis à l'Onu, Zalmay Khalilzad, a appelé le président du Soudan, Omar Hassan al Bachir, à apporter "un maximum de coopération" pour le déploiement des troupes. "Si le Soudan ne se conforme pas à la résolution, les Etats-Unis prendront des mesures pour que des sanctions unilatérales et multilatérales soient rapidement adoptées", a-t-il déclaré devant le Conseil de sécurité.

"Aujourd'hui, le Soudan a un choix à faire. Le Soudan peut choisir la voie de la coopération ou défier (la communauté internationale", a-t-il ajouté.

Le Premier ministre britannique Gordon Brown avait également menacé Khartoum de sanctions en s'exprimant un peu plus tôt à la tribune de l'Onu.

Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a pour sa part estimé dans un communiqué que le déploiement de la force hybride constituait une "tâche lourde et difficile" qui exigera "une coopération sans réserve de toutes les parties à la crise, en particulier du gouvernement du Soudan".

La menace d'imposer des sanctions a toutefois disparu du nouveau texte adopté mardi par le Conseil de sécurité.

Le représentant permanent de la Chine auprès de l'Onu, Wang Guangya, qui a présidé la réunion du Conseil, a déclaré que l'ambition de cette résolution était de permettre le déploiement de la force hybride plutôt que "de menacer d'imposer des sanctions".

La résolution appelle les Etats membres à communiquer dans un délai de 30 jours leur participation à cette force, baptisée Unamid (Mission des Nations unies et de l'Union africaine au Darfour). Elle devrait incorporer les 7.000 soldats déjà envoyés par l'Union africaine au Darfour.

Les Etats-Unis ont annoncé que leur participation serait limitée à une contribution financière et à une aide pour acheminer les troupes au Darfour.

Après des mois d'hésitation, le Soudan a accepté le chiffre de 26.000 soldats, mais les responsables de l'Onu pensent qu'il faudra un an avant que la mission ne soit en place.

Le nouveau quartier général de la mission doit être opérationnel à partir du 31 octobre et la force hybride assurera le commandement de l'ensemble des opérations d'ici le 31 décembre.

La résolution 1769 charge le secrétaire général de l'Onu de faire un rapport au Conseil tous les 30 jours sur la mise en oeuvre du texte et sur l'état des négociations sur un accord politique.

Les Nations unies et l'UA tentent de mettre sur pied une conférence pour la paix réunissant le gouvernement de Khartoum et une myriade de groupes rebelles.