Soudan: Béchir accuse Bush et Brown d'exagérer la situation au Darfour

Redaction

Afp, 22 Juillet 2007

Le chef de l'Etat soudanais Omar el-Béchir a accusé samedi le président américain George W. Bush et le Premier ministre britannique Gordon Brown d'exagérer la situation au Darfour pour cacher leur "échec en Irak".

"Bush et Brown exagèrent ce qui se passe au Darfour pour cacher les exactions commises en Irak et l'échec de leurs Etats à y contenir la situation", a déclaré M. Béchir tard samedi devant des représentants de déplacés à Al-Facher, capitale de l'Etat du Darfour nord, où il est en visite.

Le président soudanais a mis au défi MM. Bush et Brown, qui maintiennent la pression sur son pays à propos du Darfour, de s'adresser, comme il l'a fait samedi au Darfour, à des "rassemblements populaires à Bagdad".

"Aucun responsable américain ou britannique n'ose annoncer de visite en Irak avant qu'elle ait lieu", a-t-il ironisé, avant de critiquer les organisations humanitaires qui assistent les déplacés au Darfour.

"Certaines de ces organisations collectent de l'argent au nom du Darfour sans le dépenser au profit des sinistrés et utilisent la crise à des fins mercantiles", a accusé le président soudanais.

"Nous n'acceptons pas de voir les camps de déplacés constituer des musées exposant la détresse humaine au regard du monde. Les habitants du Darfour sont capables, avec leur héritage culturel et leur tradition de réconciliation, de trouver des solutions à leurs problèmes sans aide étrangère", a-t-il affirmé.

M. Béchir a commencé samedi une visite au Darfour, voulue comme une marque de l'intérêt de Khartoum au développement de cette région et un signe de l'amélioration de la sécurité dans cette zone troublée de l'ouest du pays.

Après avoir inauguré plusieurs projets dans le sud du Darfour, le président soudanais doit présider dimanche un conseil des ministres exceptionnel à Al-Facher, qui sera consacré au développement de cette zone aussi vaste que la France et dépourvue d'infrastructures de base.

Les autorités de Khartoum contestent l'ampleur du conflit du Darfour qui a fait selon des organisations internationales quelque 200.000 morts et plus de 2 millions de déplacés.

Elles accusent les médias occidentaux d'exagérer les conséquences du conflit mais viennent d'accepter une opération de maintien de la paix entre l'Union africaine et les Nations Unies qui consistera à remplacer la force africaine de 7.000 soldats mal équipés et sous financés par une force robuste de plus de 20.000 hommes financée par l'ONU.