Des scientifiques découvrent les traces souterraines d'un lac au Darfour

Redaction

Ap, 17 Juillet 2007

Des scientifiques ont découvert au Darfour les traces d'un lac souterrain datant de l'Antiquité, une trouvaille qui pourrait offrir un espoir dans le conflit de cette région aride de l'ouest du Soudan dû, selon certains experts, à la bataille pour l'accès à l'eau.

Les scientifiques de l'université de Boston, à l'origine de ces recherches, espèrent pouvoir creuser un millier de puits et pomper suffisamment d'eau pour solutionner le conflit et ramener la paix au Darfour.

Selon certains observateurs, des décennies de sécheresse et la lutte pour le contrôle des maigres ressources en eau et terres agricoles du Darfour ont alimenté le conflit entre les populations noires et arabes locales, qui a fait quelque 200.000 morts et 2,5 millions de déplacés depuis février 2003.

"La majeure partie des troubles et de la misère au Darfour est due au manque d'eau", a expliqué mardi le géologue Farouk El-Baz, de l'université de Boston, dont une équipe a découvert les traces de ce lac souterrain grâce à des données satellites.

Selon lui, l'eau pompée dans ce lac pourrait aider à solutionner le conflit. Elle pourrait ainsi permettre aux tribus arabes de conserver leur mode de vie, aux populations sédentaires majoritairement noires de s'épanouir, et garantir également la mise en place d'un système d'irrigation préalable au développement d'une agriculture pouvant déboucher sur des échanges économiques.

Selon cette étude, ces réserves d'eau se trouvent sous un ancien lac recouvert par du sable soufflé par le vent. Dans l'antiquité, ce lac occupait une superficie de 30.751 km2 et contenait approximativement 2.530 km2 d'eau.

Les scientifiques de l'université de Boston vont maintenant tenter de déterminer les meilleurs endroits où creuser les premiers puits. Ils affirment que le gouvernement égyptien s'est engagé à creuser les 20 premiers et que la mission des Nations unies au Soudan a également promis de participer.