Sudan: Crise du Darfour, qui répondra à l' appel ?

Redaction

All Africa, 30 Juin 2007

Le gouvernement soudanais, de connivence avec la milice Janjaweed, est accusé d'avoir commis des crimes de guerre contre la population civile de la région du Darfour depuis 2003. Ces dernières années, le désaccord entre les groupes de rebelles et le manque de coopération du gouvernement de Khartoum ont compliqué le processus de paix.

Le nouveau président français, Nicolas Sarkozy, a tenté d'accélérer le rôle de la communauté internationale dans la résolution de la crise au Darfour en organisant une conférence le 25 Juin visant à réexaminer les mesures qui doivent être prises envers le Soudan. D'après l'Agence Inter Press Service (IPS), des représentants du Canada, des Etats-Unis, d'Allemagne,du Royaume-Uni, d'Italie, de la Russie, du Japon, de la Chine, ainsi que ceux de la Ligue Arabe, des Nations unies et de l'Union européenne y étaient présents.

Selon la BBC, l'Union africaine (UA) n'a pas assisté à la conférence et a réagi fortement en boycottant ce qu'elle perçoit comme une distraction de ses efforts de médiation.

Au sortir d'une réunion privée la veille de la conférence, la Secrétaire d'Etat américaine, Condoleeza Rice, a exprimé sa déception au vu de'échec de l'engagement de la communauté internationale quant à mettre unterme à la violence qui à ce jour a coûté la vie à de centaines de milliers personnes dans l'ouest du Soudan. "Les Etats-Unis continuent d'essayer de mobiliser d'autres pays", a-t-elle dit. Selon le Département d'Etat, les Etats-Unis ont aussi imposé des sanctions économiques ainsi que des interdictions de voyage à des individus et des sociétés soudanais qui soutiendraient la violence des milices Janjaweed. Le Ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner a pour sa part souligné que la communauté internationale compte redoubler ses efforts pour une résolution conflit au Darfour.

A la clôture de la conférence, les participants ont renouvelé leur objectif d'assurer la paix et la sécurité au Darfour. L'Union européenne a promis d'envoyer 42 millions de dollars en plus de sa contribution actuelle destinés à des projets humanitaires dans la région. La France a offert 13,5 millions de dollars pour des opérations de maintien de la paix dans la région pendant les mois à venir.

Pour que la paix s'établisse au Darfour, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ont demandé à ce que des sanctions internationales soient mises en place contre le gouvernement soudanais s'il refuse de coopérer lors des négociations de paix. Le Président Omar Hassan Ahmad Al Bashir a été mis garde contre toute tentative de bloquer le déploiement prochain d'une force hybride de paix de 20 000 hommes, envoyée par l'ONU et l'UA. Des interdictions sur les avions militaires pourraient aussi être appliquées afin d'empêcher des attaques aériennes sur les populations civiles du Darfour.

Alun McDonald, représentant de l'agence Oxfam, a dénoncé la précarité de la situation au Darfour lors d'une interview avec l'Agence Inter Presse Service. Les employés des agences humanitaires sont attaqués tous les jours et cela attenue leur efficacité maintenant que le nombre de déplacés a augmenté. Les camps de réfugiés situés dans l'Est du Tchad sont également surpeuplés et sont dépendant de l'aide des services humanitaires. Au début de ce mois, des avions militaires de la France ont commencé à livrer de la nourriture et d'autres secours aux réfugiés Soudanais au Tchad.

Cette semaine, l'équipe des Droits-de l'Homme de la Mission préparatoire des Nations Unies au Soudan (MINUS) a rendu visite aux villes de Kutum, Kabkabiya et Al Kuma dans l'Ouest du Soudan. Elle a signalé que des forces Janjaweed ont attaqué le village de Mutu le 8 Juin. Des braquages de véhicules et la détention des membres des organisations non gouvernementales (ONG) continuent de mettre en péril les habitants de la région. Radio Achouri, membre de la MINUS, constate l'énorme effet que l'instabilité de la région exerce sur les limites des programmes humanitaires parrainés par l'ONU.

D'après le Service d'Information des Nations unies, la MINUS a souffert d'une perte ce matin avec la mort du conseiller présidentiel Majzoub Al Khalifa. Al Khalifa était un des interlocuteurs essentiels aux négociations de l'année dernière sur le conflit au Darfour qui se sont tenues à Abuja et à Addis Abeba.