Accra accueille le 9e sommet de l'Union africaine

Redaction

Ap, 30 Juin 2007

Les chefs d'Etats africains se retrouvent à partir de dimanche à Accra (Ghana) à l'occasion du 9e sommet de l'Union africaine dont le principal point à l'ordre du jour officiel est "le grand débat sur le gouvernement de l'Union" dans la perspective de la mise en place des "Etats-Unis d'Afrique".

Officieusement, on indiquait cependant que les dirigeants devaient s'entretenir des crises au Darfour et en Somalie, de la répression au Zimbabwe et des avancées du processus de paix en Côte d'Ivoire après la signature de l'accord de Ouagadougou.

Toute manifestation a été interdite dans la capitale ghanéenne jusqu'à l'issue de ce sommet de trois jours pour lequel 2.000 policiers ont été mobilisés.

Des rassemblements avaient un temps été envisagés, le premier pour appeler à la fin des violences au Darfour, le second, à l'initiative de militants zimbabwéens, pour dénoncer le régime du président Robert Mugabe.

En marge des discussions, le président sud-africain Thabo Mbeki doit présenter un rapport sur l'évolution de sa tentative de médiation entre le parti au pouvoir au Zimbabwe et des mouvements d'opposition.

La situation au Darfour, région de l'ouest du Soudan où les violences ont fait quelque 200.000 morts, devait être l'objet d'une téléconférence du président soudanais Omar el-Béchir, qui a annulé sa visite à Accra à la suite du décès d'un de ses proches conseillers.

Des membres de son gouvernement devaient toutefois faire le déplacement pour évoquer cette crise majeure, qui a récemment donné lieu à une conférence ministérielle internationale à Paris.

Des organisations de la société civile ont de leur côté appelé les chefs d'Etat africains à "agir résolument et pratiquement" pour fournir une protection immédiate aux civils du Darfour, selon un communiqué de ONG humanitaire Oxfam.

L'autre grand sujet de débat doit être celui dont rêve le continent depuis plus de quatre décennies: une Afrique unie.

Le Ghanéen Nana Akufo-Addo, qui préside le conseil exécutif de l'UA, a tenu à écarter avant même l'ouverture du sommet les critiques selon lesquelles le bloc africain aurait dû concentrer ses forces sur un règlement du conflit au Darfour plutôt que sur des gloses sur les institutions africaines.

"Ces 20 ou 30 dernières années, nous étions un continent de maladies et de famines, à l'image dégradante. Cette Afrique, nous souhaitons qu'elle cesse d'exister. Comment pouvons-nous nous organiser pour y parvenir?", a-t-il plaidé, estimant que l'union fera la force de l'Afrique.

"La bataille pour les Etats-Unis d'Afrique est la seule qui vaille pour notre génération, la seule capable d'apporter des réponses aux mille problèmes des populations africaines", a renchéri vendredi le Malien Alpha Oumar Konaré, président de la Commission de l'UA.

"Personne ne doit plus dicter sa volonté à l'Afrique qui prend conscience de sa puissance en devenir (...) L'agenda de l'Afrique doit être déterminé et fixé par les Africains eux-mêmes", a-t-il dit en ouverture de la 11e session du conseil exécutif de l'UA.