Darfour: le Soudan accepte sans conditions une force ONU-UA

Redaction

Afp, 17 Juin 2007

Le Soudan a accepté sans conditions une opération hybride de l'ONU et de l'Union africaine (AU) au Darfour, levant un obstacle de taille devant le déploiement d'une force robuste pour sécuriser cette région de l'ouest du Soudan en guerre civile depuis plus de quatre ans.

"Le Soudan a accepté la force hybride sans conditions. L'acceptation a été confirmée par le président (soudanais Omar) el-Béchir", a déclaré dimanche à la presse l'ambassadeur de l'Afrique du Sud aux Nations Unies Dumisano Kumalo.

M. Kumalo, co-dirige avec l'ambassadeur britannique à l'ONU, Emyr John Spade, une délégation du Conseil de sécurité, venue à Khartoum s'assurer de l'acceptation du Soudan de cette force.

M. Spade a confirmé les propos de M. Kumalo, dans une conférence de presse, tenue juste après un entretien avec le président soudanais et à l'issue de plusieurs séances de travail avec de hauts responsables soudanais.

L'ambassadeur américain Zalmay Khalilzad, parlant à un groupe de journalistes, a indiqué que l'entretien avec M. Béchir avait été "assez positif" et que la partie soudanaise avait indiqué qu'"elle accepte l'accord et qu'elle veut aller de l'avant" dans sa mise en oeuvre.

Pendant la conférence de presse, le chef de la diplomatie soudanaise, Lam Akol, s'est employé à affirmer que son pays n'avait pas changé de position et que tout ce qu'il avait fait ces derniers mois c'était "discuter les détails techniques" de l'opération avant de donner son accord final mardi dernier.

MM. Akol et John Spade ont décrit dans les mêmes termes le fonctionnement de la prochaine force, en expliquant que son commandant sera africain mais que le système de commande et de contrôle sera celui des Nations Unies.

Après des mois de pressions diplomatiques, le Soudan avait accepté mardi de remplacer l'actuelle force africaine au Darfour, composée de 7.000 hommes mal équipés, par une force hybride, associant l'Union africaine et l'ONU et forte de plus de 20.000 soldats et policiers.

Depuis le début du conflit au Darfour en 2003, quelque 200.000 personnes sont mortes de la guerre et de ses conséquences et plus de deux millions ont été déplacées, selon des estimations d'organisations internationales contestées par Khartoum, qui parle seulement de 9.000 morts.

L'ambassadeur sud-africain a estimé qu'une décision sur le financement de la force hybride pouvait intervenir "dans un mois" et qu'il revenait à l'Assemblée générale des Nations unies d'en décider.

L'ONU et l'UA ont souhaité samedi, lors de la visite de la délégation du Conseil de sécurité à Addis Abeba, que cette force soit mise en place "le plus vite possible" et que le président Béchir confirme dimanche son feu vert.

Interrogé sur la pertinence des sanctions, dont les Etats-Unis menacent encore le Soudan, après l'acceptation de Khartoum de la force hybride, l'ambassadeur sud-africain a rappelé qu'"il n'y pas de projet de sanction devant le Conseil de sécurité".

Il a estimé, en parlant uniquement au nom de son pays, qu'il serait difficile maintenant de faire passer un tel projet devant le Conseil de sécurité de l'ONU.

MM. Kumalo et John Spade ont également souligné la nécessité de poursuivre la recherche d'une solution politique au conflit du Darfour et de permettre l'accès des organisations humanitaires aux populations civiles, dans le besoin d'une assistance, dans cette région.

Khartoum est la deuxième étape de la tournée africaine des ambassadeurs du Conseil de sécurité de l'ONU commencée samedi à Addis Abeba. Après le Soudan, ils doivent se rendre, au Ghana, en Côte d'Ivoire et en République démocratique du Congo (RDC).