Le président chinois au Soudan pour parler économie et Darfour

Redaction

Afp, 02 Juin 2007

Le président chinois Hu Jintao a entamé vendredi à Khartoum des entretiens officiels qui devaient être axés sur le conflit sanglant au Darfour et les liens économiques bilatéraux, au début de l'étape soudanaise de sa tournée en Afrique.

M. Hu, dont le pays a mené ces dernières années une grande offensive diplomatique et économique en Afrique, s'est entretenu avec son homologue soudanais Omar al-Béchir aussitôt après son arrivée à Khartoum, en provenance de Monrovia, capitale du Libéria.

Durant sa visite d'Etat de deux jours, le président chinois doit également discuter avec le premier vice-président Salva Kiir, signer des accords commerciaux, se rendre dans des raffineries de pétrole et rencontrer des représentants de la communauté chinoise au Soudan.

Outre le renforcement des relations économiques, la guerre civile au Darfour (ouest du Soudan) devait être aussi au menu des discussions de M. Hu à Khartoum.

Sa visite doit "consolider les relations amicales et la coopération entre la Chine et le Soudan", est-il écrit dans un communiqué distribué par la délégation chinoise aux journalistes à l'aéroport de Khartoum.

Avant le début de la tournée africaine de M. Hu, un responsable aux Affaires étrangères chinoises a affirmé que son séjour au Soudan "ne renforcera pas seulement les relations bilatérales mais aussi la paix et la stabilité dans la région".

Selon des analystes, la Chine pourrait réussir là où des mois de pressions occidentales ont échoué si elle use de son influence pour contenir la violence au Darfour, où des combats entre rebelles et forces gouvernementales ont fait depuis février 2003 environ 200.000 morts et 2 millions de déplacés selon l'ONU.

L'émissaire du président américain George W. Bush pour le Darfour, Andrew Natsios, avait indiqué en janvier que Washington et Pékin avaient décidé de coopérer pour obtenir une paix négociée.

Khartoum s'était dit surpris par la volonté américaine de pousser la Chine, de loin le premier acteur économique étranger au Soudan, à intervenir dans les efforts de paix au Darfour. Pékin avait démenti avoir subi des pressions.

"Si les Chinois font pression sur Khartoum, cela pourrait avoir du potentiel", a affirmé récemment à l'AFP Larry Rossin, coordinateur international de Save Darfur Coalition. "J'espère qu'ils pourront user de leur influence pour pousser le président Béchir à appliquer de bonne foi l'accord sur une mission de maintien de la paix hybride", a-t-il ajouté.

La communauté internationale tente de convaincre M. Béchir d'accepter une mission de l'ONU ou au moins une force hybride ONU-Union africaine, pour remplacer ou renforcer la mission africaine déployée au Darfour, mal équipée et sous-financée.

Mais les autorités soudanaises refusent le déploiement de Casques bleus, même si elles ont accepté que l'ONU apporte une aide technique et matérielle à la mission africaine.

La Chine absorbe 60% de la production pétrolière totale du Soudan et a à maintes reprises utilisé son droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU pour bloquer des sanctions supplémentaires contre le régime du général Béchir.

Les échanges entre la Chine et le Soudan ont atteint 2,9 milliards de dollars au cours des 11 premiers mois de 2006. La coopération bilatérale touche les secteurs de la construction, l'agriculture, l'éducation et la santé.

Hu Jintao avait commencé sa tournée au Cameroun. Samedi il doit quitter Khartoum pour la Zambie puis la Namibie, l'Afrique du Sud, le Mozambique et les Seychelles.

La tournée africaine survient après le sommet sino-africain de Pékin en novembre 2006 qui a réuni 48 nations africaines et 41 chefs d'Etat ou de gouvernement.