Kouchner veut être jugé sur ses résultats et planche sur le Darfour

Redaction

Tv5, 19 Mai 2007

Le nouveau ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner assure qu'il ne "renie pas "(ses) engagement socialistes" en rentrant dans le gouvernement et demande à être "jugé" sur ses "résultats", dans une tribune publiée dans Le Monde daté de dimanche-lundi.

Samedi, il a tenu une réunion sur la situation au Darfour dont il entend faire l'une de ses "priorités", a annoncé son ministère.

"En acceptant aujourd'hui de travailler avec des gens qui sur bien des sujets ne pensent pas comme moi, je ne renie pas mes engagements socialistes", écrit Bernard Kouchner dans ce texte intitulé : "Pourquoi j'ai accepté". "Je continuerai à réfléchir et à me battre, avec tous les esprits ouverts, pour qu'existe enfin une social-démocratie française", poursuit-il, tout en se décrivant comme "un homme libre, militant d'une gauche ouverte, audacieuse, moderne".

"Le président de la République n'a pas imaginé que je devienne Sarkozyste. Certaines de mes convictions ne sont pas les siennes (...) Cela porte un beau nom: l'ouverture", écrit M. Kouchner, affirmant que "la politique extérieure n'est ni de droite ni de gauche". Le co-fondateur de Médecins sans frontières "réclame crédit". "Je sais que certains de mes amis me reprochent ce nouvel engagement (...) Mes idées et ma volonté restent les mêmes". "S'ils me prennent en flagrant délit de renoncement, je leur demande de me réveiller", dit-il, tout en ajoutant : "Je garantis que ce temps n'est pas venu". "On me jugera sur mes résultats", conclut-il.

Le premier secrétaire du PS, François Hollande, a annoncé vendredi que M. Kouchner n'était "plus membre du parti socialiste", après sa nomination dans le gouvernement Fillon. Deux Français sur trois (66%) estiment que Bernard Kouchner a eu raison d'accepter ce poste ministériel, selon un sondage CSA-CISCO pour le Parisien-Aujourd'hui en France, rendu public vendredi.

Le nouveau ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a tenu samedi une réunion sur la situation au Darfour dont il entend faire l'une de ses "priorités", a annoncé son ministère. M. Kouchner et le nouveau secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Jean-Pierre Jouyet "ont tenu ce jour une réunion de travail sur la situation au Darfour, avec les services du ministère et des représentants d'ONG", a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

"Le ministre a rappelé à cette occasion la priorité qu'il voulait donner à ce dossier, afin d'améliorer la situation humanitaire et de progresser vers le déploiement d'une force hybride ONU/UA et une solution politique", a-t-il ajouté. M. Kouchner "a également souligné notre préoccupation pour la sécurité régionale, en particulier aux frontières du Tchad et du Soudan, et le rôle de l'Union européenne en appui aux efforts de la communauté internationale".

La guerre civile au Darfour (ouest du Soudan) a fait 200.000 morts et deux millions de déplacés depuis 2003 selon l'ONU. Co-fondateur de Médecins sans frontières (MSF) et ancien ministre socialiste, M. Kouchner a été nommé au gouvernement pour illustrer la volonté d'"ouverture" du nouveau président Nicolas Sarkozy (UMP, droite).

M. Kouchner avait dénoncé en février "l'intransigeance du président soudanais (Omar el-Béchir) qui s'oppose à toute aide humanitaire efficace" et avait participé en mars à un grand meeting organisé à Paris par l'association Urgence Darfour pour interpeller les candidats à l'élection présidentielle.