Darfour: l'ONU et l'UA voient des raisons d'espérer une percée politique

Redaction

Romandie News, 10 Mai 2007


Les envoyés de l'ONU et de l'Union africaine (UA), Jan Eliasson et Salim Ahmed Salim, ont montré jeudi un optimisme prudent sur la possibilité d'une percée dans le processus de recherche d'une solution politique au Darfour, région de l'ouest du Soudan en guerre civile.

S'adressant à la presse à Khartoum à l'issue de leur troisième mission dans le pays, MM. Elisson et Salim ont relevé au moins deux raisons d'espérer: la multiplication d'initiatives régionales et l'entrée en scène du gouvernement semi-autonome du sud Soudan, qui se propose de réunir les rebelles non-signataires de l'accord de paix au Darfour.

"Nous sommes passés à une vitesse supérieure du processus politique", a notamment souligné M. Eliasson qui est rentré avec M. Salim de Juba, la capitale du sud Soudan, où il ont longuement évoqué avec le leader sudiste Salva Kiir son initiative de réunir les rebelles non-signataires de la paix.

"Nous sommes totalement d'accord avec l'initiative de M. Kiir de réunir dans le sud les non-signataires pour aider à l'émergence d'une position commune", a déclaré M. Salim.

Il a relevé que cette initiative avait le soutien du gouvernement soudanais et s'est dit encouragé par la réconciliation entre Khartoum et N'Djamena. "Sans une normalisation entre le Soudan et le Tchad, il serait très difficile d'avoir une percée" politique au Darfour, a-t-il estimé.

Les deux pays ont décidé, lors de leur récente réconciliation à Ryad sous les auspices de l'Arabie saoudite, de mettre fin au soutien à leurs mouvements rebelles respectifs qui opèrent à partir ou dans le Darfour.

Mais en même temps, les deux émissaires ont relevé l'importance du travail qui reste à faire pour avancer dans le processus politique au Darfour. Ils ont insisté sur la nécessité de faire converger toutes les initiatives régionales vers un même but, en parlant des efforts de la Libye, de l'Arabie saoudite, de l'Erythrée et maintenant de l'Egypte.

"Il y a de l'espoir pour une avancée dans le processus politique si tout le monde prend une même direction", a souligné M. Elissaon, appelant à la "mobilisation de tous" pour atteindre cet objectif. "Le temps doit être à la mobilisation", a-t-il ainsi souligné.

Par ailleurs la commission du cessez-le-feu, qui a tenu mercredi sa sixième réunion à Khartoum, s'est inquiétée dans un communiqué de la poursuite des violences, parlant de l'intensification de combats intertribaux, de la multiplication des attaques contre la Force africaine et de bombardements aériens par l'aviation du gouvernement de cibles dans le nord du Darfour.

La commission créée par l'accord de paix au Darfour, signé il y a un an, réunit le gouvernement, l'Union africaine, l'ONU, les signataires de la paix, l'Union européenne (UA), les Etats-Unis en tant que membres et et plusieurs pays européens, africains et arabes en tant qu'observateurs.