Un sommet soudano-érythréen sur le Darfour samedi, Deby attendu au Soudan

Redaction

Afp, 19 Avril 2007


Les présidents soudanais Omar el-Béchir et érythréen Issaias Afeworki doivent se rencontrer sur la question du Darfour samedi à Khartoum, a annoncé jeudi un haut responsable soudanais.

Ce responsable, le conseiller présidentiel Moustafa Osmane, a également annoncé que le président tchadien, Idriss Deby Itno, était attendu dans les "prochains jours" au Soudan pour normaliser les relations entre les deux pays et examiner le problème du Darfour qui n'a cessé d'empoisonner leurs rapports.

Il n'a toutefois pas fixé de date à cette visite destinée à apaiser la tension entre les deux pays entretenue par les activités de leurs rebelles respectifs au Darfour, dans l'ouest du Soudan, et dans l'est du Tchad.

Le sommet Béchir-Afeworki fera partie des "efforts pour une solution politique au Darfour incluant les non-signataires de la paix" de mai 2006, a déclaré à la presse le responsable soudanais.

"Nous avons toujours été prêts à dialoguer avec n'importe quel groupe, n'importe où et sans conditions mais ce sont la Grande-Bretagne et les Etats-Unis qui mettent des bâtons dans les roues", a affirmé M. Osmane au moment où Londres et Washington poussent pour des sanctions contre Khartoum auquel ils reprochent de ne rien faire pour la paix au Darfour.

L'Erythrée mène de longue date une médiation pour convaincre les non-signataires de l'accord de paix sur le Darfour --une dizaine de groupes nés de scissions au sein des trois mouvements rebelles historiques dont seul un a signé la paix-- de se joindre au processus politique.

Asmara a envoyé un représentant à une rencontre mercredi à Tripoli ayant réuni aussi des responsables libyens, soudanais et tchadiens pour apaiser la tension entre Khartoum et N'Djamena.

La réunion a mis en place, selon les médias soudanais, un mécanisme militaire de prévention à la frontière entre le Soudan et le Tchad pour éviter la répétions d'affrontements entre les deux armées comme celui, meurtrier, du 9 avril.

Le Tchad s'est excusé auprès de Khartoum pour l'incursion de son armée à cette date en territoire soudanais mais indiqué qu'elle était à la poursuite de rebelles venant du Darfour.

Ces affrontements ont fait 17 morts parmi les soldats et les policiers soudanais, selon Khartoum, et 30 des deux côtés, selon N'Djamena.

"La normalisation des relations soudano-tchadiennes est un élément essentiel dans la recherche d'une solution au Darfour", a estimé M. Osmane, dont le pays accuse N'Djamena d'aider les rebelles du Darfour alors que le Tchad reproche au Soudan de soutenir les rebelles qui cherchent à renverser le président Deby.