Darfour: soutien de l'ONU à l'UA pas avant septembre

Redaction

Afp, 20 Avril 2007

La communauté internationale doit faire tout son possible pour avoir au plus tôt sur le terrain les troupes de soutien de l'ONU à la force africaine au Darfour, mais ce déploiement ne devrait pas avoir lieu avant septembre, a estimé jeudi l'ambassadeur britannique à l'ONU.

"Nous devons faire tout notre possible pour avoir (ces troupes) sur place au plus tôt. Même avec la meilleure volonté du monde, je ne pense pas que nous puissions y parvenir avant septembre", a déclaré le diplomate, Emyr Jones Parry, à des journalistes.

Il faisait allusion au déploiement d'un contingent d'environ 3.000 hommes de l'ONU équipés de six hélicoptères d'assaut, pour soutenir la force de l'Union africaine (UA) au Darfour, deuxième phase d'un plan visant à apporter protection à la population civile récemment acceptée par le gouvernement du Soudan.

Quant à la troisième phase qui reste à négocier avec Khartoum, le déploiement d'une force "hybride" ONU-UA d'environ 20.000 hommes, "la priorité est d'affermir l'accord entre l'ONU et l'UA et d'obtenir très vite la réponse et l'acceptation du président (soudanais) Omar al-Béchir", a dit M. Jones Parry.

Selon un diplomate occidental, la date "la plus optimiste" pour un déploiement effectif de cette force conjointe serait décembre.

Le problème de la protection des civils jusqu'à septembre doit donc être étudié de près, compte tenu de l'expiration fin juin du mandat de la force de l'UA (Amis), a encore dit M. Jones Parry.

Selon plusieurs diplomates, cela devrait passer par une prorogation du mandat de l'Amis, ce qui pose automatiquement un problème de financement. C'est parce que les quelque 7.000 hommes de l'Amis sont sous-équipés et mal financés que le Conseil de sécurité avait décidé l'envoi d'une force ONU-UA au Darfour dans une résolution en 2006.

Par ailleurs, selon l'un de ces diplomates, les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne devaient se contenter jeudi de discuter entre eux "des moyens de procéder" pour faire pression sur le Soudan, y compris "d'éléments qui pourraient figurer dans un projet de résolution de sanctions".

Le président américain George W. Bush avait donné mercredi une "dernière chance" au gouvernement soudanais de tenir très vite ses engagements pour mettre fin au "génocide" au Darfour, faute de quoi les Etats-Unis imposeront de nouvelles sanctions et envisageront d'autres mesures.

Le Premier ministre britannique Tony Blair avait annoncé que Washington et Londres entameraient dès jeudi des discussions avec leurs partenaires au Conseil de sécurité en vue de sanctions.

Aucune réunion formelle n'était au programme du Conseil jeudi.

La Chine et la Russie se sont dites hostiles à de nouvelles sanctions contre le Soudan, faisant valoir son acceptation de la phase II du soutien de l'ONU à l'Amis, à laquelle Khartoum résistait depuis des mois.