Darfour : Rolls-Royce quitte le Soudan en raison "d'inquiétudes humanitaires"

Redaction

Afp, 19 Avril 2007

Le motoriste britannique Rolls-Royce a annoncé jeudi qu'il allait se retirer du Soudan, mettant en avant "des inquiétudes humanitaires internationales de plus en plus fortes" dans la région du Darfour.

"Au vu des inquiétudes humanitaires internationales de plus en plus fortes sur la situation au Darfour, la compagnie a récemment passé en revue ses activités au Soudan et décidé qu'elle devrait les arrêter", a déclaré jeudi un porte-parole de Rolls-Royce.

Les opérations au Soudan représentent toutefois un très faible pourcentage du chiffre d'affaires total de l'entreprise, a-t-il ajouté.

Rolls-Royce fournit notamment des moteurs diesel aux entreprises pétrolières et gazières opérant dans le pays.

L'association caritative britannique Sudan Divestment pour le Royaume-Uni s'est félicitée de l'annonce de Rolls-Royce, estimant que "la reconnaissance par le groupe du génocide au Darfour et du rôle des multinationales dans ces constantes atrocités doit être saluée et pose un vrai défi aux autres groupes dont les activités aident à entretenir la pire crise humanitaire mondiale", a déclaré Hamish Falconer, le directeur de l'association.

"Il y a bien un génocide au Darfour, et il est financé en grande partie par les groupes internationaux. Rolls-Royce vient d'envoyer un message à Khartoum : il y a un prix économique à payer quand on commet un génocide".

Le Trust Aegis qui mène cette campagne vise le départ de quelque 50 compagnie britanniques, dont de nombreux fonds de pension.

Petrofac, un groupe de services pétrolier, et le groupe d'ingénierie Weir sont au nombre des compagnies britanniques visées par cette campagne, ainsi que le pétrolier français Total et le groupe minier canadien Lundin.

Le groupe appelle aussi les investisseurs britanniques à vendre leurs participations dans des sociétés chinoises, malaisiennes ou indiennes qui exploitent des ressources au Soudan.

La banque britannique Barclays détient des parts des pétrolières chinoises PetroChina et Sinopec, et dans Petronas, une compagnie malaisienne