Les Etats-Unis menacent le Soudan de sanctions au Darfour

Reuters

Reuters, 18 Avril 2007

Le président George Bush a prévenu mercredi son homologue soudanais qu'une dernière chance lui était donnée de mettre fin aux violences dans la région du Darfour, faute de quoi Washington imposerait des sanctions à Khartoum et envisagerait d'autres mesures punitives.

Le président américain a dit avoir décidé d'accorder un délai supplémentaire au secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, afin de poursuivre ses tractations diplomatiques auprès du Soudanais Omar Hassan al Bachir, mais il a clairement fait comprendre que les Etats-Unis perdaient patience.

"Le président Bachir devrait saisir cette dernière chance en répondant aux efforts du secrétaire général, et satisfaire aux justes exigences de la communauté internationale", a dit Bush dans un discours au Musée américain de l'Holocauste.

A Londres, le Premier ministre Tony Blair a annoncé qu'Américains et Britanniques commenceraient jeudi à discuter d'une nouvelle résolution de l'Onu sur le Soudan avec leurs partenaires du Conseil de sécurité. Il est envisagé de sanctionner des personnes impliquées dans les violences et d'intensifier la surveillance aérienne, a-t-il dit.

"Ce qui se passe actuellement au Soudan est inacceptable et consternant, c'est un scandale pour la communauté internationale", a dit Blair à des journalistes. Le conflit du Darfour a fait 200.000 morts et 2,5 millions de déplacés. Blair a souligné que quatre millions de Soudanais ne survivaient qu'avec une aide alimentaire extérieure.

CONTRÔLE AERIEN

Pour sa part, le chef de la Maison blanche a laissé entrevoir la création éventuelle d'une zone d'exclusion aérienne visant à empêcher l'aviation soudanaise de survoler le Darfour. Il a accusé l'armée de l'air soudanaise de peindre ses avions en blanc afin qu'on les prenne pour des appareils de l'Onu ou de l'Union africaine.

"J'examine également le type de mesures que pourrait prendre la communauté internationale pour que le gouvernement du Soudan ne puisse pas faire survoler le Darfour par ses avions militaires, et si nous n'observons pas de signes de bonnes intentions, nous envisagerons des (...) mesures encore plus rigoureuses", a déclaré Bush.

Les autorités soudanaises ont fait un pas cette semaine vers un projet de déploiement de 3.000 casques bleus et de matériel au Darfour pour y épauler une force de 7.000 hommes sous-équipés de l'Union africaine. Mais les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont émis de fortes réserves et Khartoum n'a pas donné son accord à un renforcement ultérieur qui dépasserait 20.000 hommes.

Accusant le gouvernement de Khartoum d'éluder les exigences internationales concernant l'arrêt des violences et le désarmement des milices arabes "djandjaouids", Blair a déclaré mercredi que le nouveau projet de résolution garantirait des efforts soutenus pour faire accepter au Soudan le déploiement d'une force de stabilisation "hybride" de l'Onu et de l'UA.

Le dirigeant britannique a ajouté que le gouvernement de Bachir pouvait à tout moment éviter l'impact de la nouvelle résolution de l'Onu en répondant à l'attente de la communauté internationale.

"Nous avons patienté tant et plus. Nous avons essayé à maintes reprises la diplomatie et la négociation avec le gouvernement soudanais, mais il faut que le message lui parvienne - la communauté internationale ne laissera pas continuer le scandale qu'est le Darfour", a ajouté Blair.