Pour une Conférence internationale sur le Darfour

Sauver Le Darfour

Sld, Sauver Le Darfour Europe,, 15 Avril 2007

Le Manifeste de SAUVER LE DARFOUR

- Un régime issu d’un coup d’Etat

Depuis près de 18 ans, le régime de Khartoum se maintient au pouvoir par la force. La dictature soudanaise, issue d’un coup d’Etat en 1989, n’a jamais obtenu le soutien des soudanais. En 1989, le parti du président actuel Omar el-Bechir n’avait recueilli que 10% des voix aux élections.

- Une dictature meurtrière

Dans une première guerre contre le Sud-Soudan, ce régime a déjà causé la mort de près de deux millions de personnes, en appelant au Djihad des musulmans contre les Chrétiens et animistes.

Au Darfour, après avoir exacerbé la haine entre les tribus musulmanes arabisées et les musulmans noirs, le régime de Khartoum a mis en œuvre une véritable EPURATION ETHNIQUE contre les populations agricoles noires. Bombardements, viols, incendies de villages, et massacres se poursuivent.

Depuis février 2003, le conflit du Darfour entre les forces régulières et les milices pro-gouvernementales d’un coté, et rebelles de l’autre, a fait au moins 300 000 morts et plus de 3 millions déplacés. Plus de 500 000 personnes dépendent aujourd’hui d’une aide humanitaire internationale entravée.

- L’impuissance de la communauté internationale

Dans le conflit au Darfour, l’ONU a réagit immédiatement et a déjà voté six résolutions condamnant ces crimes de guerre, crimes contre l’humanité et viols systématiques.

Pourtant, depuis déjà quatre ans, l’ONU est immobilisée par les vetos chinois et russes, partenaires économiques privilégiés du régime soudanais, ce qui empêche toute intervention militaire de l’ONU dans la région.

Aujourd’hui, les massacres continuent. Pire, le soutien apporté par le gouvernement soudanais aux milices Janjawids, les entraves à l’aide humanitaire et les bombardements de la région du Darfour se poursuivent.

Si une force internationale de 7 000 hommes, celle de l’Union africaine, est présente sur place, elle n’a pourtant qu’une simple « mission d’observation ». D’ailleurs, l’Union africaine, qui comprend le Soudan parmi ses membres, n’a jamais condamné aucun massacre.

Plusieurs cessez-le Feu et accords ont déjà été conclus sans jamais aboutir à un arrêt des exactions. La dictature de Khartoum gagne du temps pendant que les massacres continuent en silence.

Au regard du droit international, du droit international humanitaire et du concept de « responsabilité de protéger », les Etats se doivent de se mobiliser pour obtenir l’arrêt des massacres au Darfour.
La France et l’Europe peuvent briser les murs de silence et jouer un rôle pacificateur dans la crise au Darfour.

Le peuple soudanais souhaite le départ de la junte de Khartoum du pouvoir, restaurer la démocratie et organiser des élections libres et pluralistes. Ce rêve d’un nouveau Soudan laïc et démocratique est un but à atteindre, mais le peuple soudanais devra le décider seul au nom du principe de libre autodétermination des peuples.

Aujourd’hui, La France et l’Europe, de par leur vocation universelle, leur histoire et leur place particulière dans le monde, ont un rôle majeur à jouer dans le règlement du conflit du Darfour.

La France et l’Union Européenne peuvent relancer les négociations diplomatiques et jouer un rôle de pacificateur dans la crise du Darfour.

Pragmatiques, nous exigeons par delà tout pessimisme ou irresponsabilité, que la France et l’Europe ramènent l’Espoir au Soudan. Il en va de la survie de centaines de milliers de d’êtres humains.

Il n’est pas trop tard pour agir et sauver les populations du Darfour, mais il faut une détermination politique sans faille de la Communauté internationale. Il faut un nouvel accord de paix durable sur le Darfour.

Pour cela, nous invitons la France et l’Union Européenne à user de leur influence pour réunir une Conférence internationale sur le Darfour :

Cette conférence internationale pourra organiser un front uni de la communauté internationale pour obtenir le ralliement de la Chine à la mobilisation internationale.

Cette conférence internationale entamera un dialogue pour arriver à un accord de paix durable pour les populations du Soudan prévoyant : l’arrêt des exactions, le retour des réfugiés et l’organisation d’élections pluralistes et libres au Soudan.

Cette conférence internationale veillera à superviser les suites concrètes des nouveaux accords signés, et à instaurer les mécanismes de confiance et contrôles indispensables.