Khartoum ne veut pas d’hélicoptères au Darfour

Redaction

Afrique Centrale Info, 11 Avril 2007

Le Soudan a confirmé mercredi un accord avec l'ONU et l'Union africaine (UA) sur la deuxième phase de soutien à la force africaine au Darfour mais dit s'opposer au déploiement d'hélicoptères d'attaque dans cette région ravagée par la guerre. "Il y avait des divergences sur la deuxième phase (...) qui ont été résolues lors de la réunion d'Addis Abeba et cela signifie que le Soudan a accepté cette phase à l'exception d'un point qui concerne (le déploiement) d'hélicoptères d'attaque", a déclaré le ministre soudanais des Affaires étrangères Lam Akol.

"En acceptant cette phase, le Soudan donne un rôle aux Nations unies dans l'opération (de maintien de la paix) et il revient à l'organisation de décider de son financement pour permettre aux pays africains de contribuer aux forces et de les envoyer au Darfour", a ajouté M. Akol, cité par la presse locale, sans préciser les effectifs.

La prochaine réunion sur le Darfour doit avoir lieu les 16 et 17 avril au siège de l'ONU à New York.

Le commissaire à la Paix et la Sécurité de l'UA, Saïd Djinnit, a annoncé lundi, lors d'une réunion des trois parties à Addis Abeba, que le Soudan avait accepté le mise en oeuvre de la deuxième phase.

Selon lui, "le gouvernement du Soudan a accepté tout le contenu" de la seconde phase "sauf un point" qu'il n'a pas voulu préciser.

La deuxième phase implique, selon la presse soudanaise, l'envoi de quelque 3.000 soldats et personnels civils et des moyens logistiques pour soutenir la force africaine composée de 7.000 hommes mal équipés et sous-financés.

Cette force a subi mardi une nouvelle attaque au Darfour qui a fait un tué et deux blessés graves dans les rangs du contingent rwandais.

Le 1er avril, cinq soldats sénégalais ont été tués dans une attaque similaire et la force a perdu au total 16 éléments, outre un officier porté disparu, et s'est fait voler une centaine de véhicules depuis son déploiement en août 2004.

Un accord conclu le 16 novembre prévoyait un déploiement en trois phases de soldats de l'ONU, mais Khartoum s'oppose à la troisième phase, demandant que l'UA garde le commandement de la force de paix.
La troisième phase, qui doit encore être discutée, prévoit le déploiement d'une force conjointe ONU-UA de 20.000 hommes censée sécuriser cette région où un conflit oppose depuis plus de quatre ans des rebelles issus des populations noires locales et des milices arabes appuyées par l'armée soudanaise.

La guerre et ses conséquences ont fait 200.000 morts et 2 millions de déplacés, selon des organisations internationales, des chiffres contestés par le Soudan, qui parle seulement de 9.000 morts.