Nouvel accord UA-ONU-Khartoum sur la force de paix au Darfour

Redaction

Afp , 09 Avril 2007

Le gouvernement soudanais a accepté lundi la mise en oeuvre de la seconde phase du plan de soutien de l'ONU à la force de paix de l'Union africaine (UA) au Darfour, a assuré le commissaire à la Paix et la Sécurité de l'UA, Saïd Djinnit.

"Le gouvernement du Soudan avait formulé une série de remarques et de questions, aujourd'hui (lundi) l'UA et l'ONU lui ont fourni toutes les clarifications et il a accepté la deuxième phase", a déclaré M. Djinnit au cours d'une conférence de presse à Addis Abeba, à l'issue de la réunion d'une journée.

Selon le commissaire, "le gouvernement du Soudan a accepté tout le contenu" de la seconde phase "sauf un point" qu'il n'a pas voulu préciser.

Selon lui la délégation soudanaise "a accepté de donner une réponse sur ce point rapidemment, d'ici quelques jours, après des consultations avec le gouvernement".

Un membre de la délégation onusienne à la réunion a affirmé que cet accord "est très important mais nous ne sommes qu'au milieu du processus" de renforcement de la mission de paix de l'UA au Darfour (Amis).

La délégation soudanaise n'a pas souhaité s'exprimer.

M. Djinnit a enfin annoncé l'organisation de plusieurs réunions sur le Darfour dans les semaines à venir, notamment les 16 et 17 avril à l'ONU et le 28 avril en Libye.

L'accord sur le renforcement de l'Amis, conclu le 16 novembre, prévoyait un déploiement en trois phases de soldats de la paix de l'ONU, mais Khartoum s'oppose à la mise en oeuvre de la troisième phase, demandant que l'UA garde le commandement de la force de paix.

L'Amis, sous-financée et mal équipée, comprend environ 7.000 hommes et a été la cible d'attaques répétées au Darfour ces dernières semaines. Un mouvement rebelle allié à Khartoum est accusé d'avoir attaqué et tué le 1er avril cinq soldats sénégalais de l'Amis.

En juillet, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté une résolution réclamant le déploiement d'une force conjointe ONU-UA de 20.000 hommes.

Le Darfour est ravagé depuis quatre ans par une guerre civile entre des rebelles issus des populations noires locales et des milices arabes appuyées par l'armée soudanaise.

Ce conflit a déjà fait 200.000 morts et 2 millions de déplacés, selon des organisations internationales, des chiffres contestés par le Soudan.