Développements positifs signalés au Darfour ... malgré des défis

Redaction

Armees, 09 Avril 2007

La région du Darfour dans l’ouest du Soudan a connu ces derniers temps certains développements positifs, ont confirmé les dirigeants locaux et les figures d’un ancien mouvement rebelle.
Dans le domaine politique, un accord de paix signé entre le gouvernement soudanais et la principale faction de la rébellion du Darfour en mai dernier est régulièrement appliqué par les deux parties, avec la participation des leaders de l’ancienne rébellion aux pouvoirs exécutif et législatif aux échelles tant fédérale que locale. L’avancée de l’application de l’accord de paix renforce la confiance de la population du Darfour sur la sincérité du gouvernement de Khartoum pour la paix finale dans la région.

Depuis quasiment un an, aucun conflit majeur n’a éclaté entre les forces gouvernementales et les rebelles, bien que des affrontements sporadiques et sanglants surviennent au Darfour, principalement entre des milices tribales et des factions de la rébellion.

Les derniers conflits entre deux tribus arabes ont eu lieu concernant une dispute sur des bestiaux dans une région isolée au Darfour-Sud, faisant plusieurs dizaines de morts. Al-Haj Ata Al-Manan, gouverneur du Darfour-Sud qui abrite 65% de la population de toute la région du Darfour, a rejeté les allégations selon lesquelles le problème du Darfour ne se pose que le long de la ligne de combat entre les nomades arabes et les tribus africaines, déclarant que ledit génocide commis par les Arabes contre les Noirs africains n’était qu’un mythe fabriqué par certains pays occidentaux. "Parmi les gens qui sont assis dans cette pièce, il y a une personnalité de la tribu Fur, la plus grande tribu africaine au Darfour, et une autre personnalité du Soudan-Sud, pouvez-vous les distinguer de nous ?", a demandé M. Al-Manan à des journalistes internationaux présents, en ajoutant : "Nous sommes tous noirs".

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Le gouverneur a classé les conflits au Darfour en trois catégories à savoir les affrontements inter-tribaux, le banditisme et la rébellion. Ces trois types de conflits ont lieu depuis longtemps au Darfour, a-t-il dévoilé.
"L’actuel conflit n’est qu’un maillon d’une longue chaîne, et lorsque nous dénouons ce maillon, nous en avons probablement un autre", a affirmé M. Al-Manon, soulignant que la stabilité de la région ne pourrait être maintenue que sans intervention étrangère.

Trois d’entre elles étaient en proie aux conflits, alors que les six autres étaient totalement stables.

M. Al-Manan a attribué l’amélioration de la situation du Darfour aux efforts du gouvernement soudanais et de l’Union africaine ainsi qu’à la signature de l’Accord de paix du Darfour dans la capitale nigériane d’Abuja en mai dernier sous l’égide de l’UA.

Par ailleurs, le nombre de réfugiés, estimé par le gouvernement soudanais à moins d’un million, n’a évidemment pas augmenté ces deux dernières années, laissant voir la fin de la détérioration de la situation, bien que le problème reste grave.

Les défis auxquels font face la communauté internationale et les parties concernées portent sur la manière de fournir les assistances alimentaire, sanitaire et éducationnelle aux réfugiés qui représentent un cinquième de la population du Darfour, comment assurer leur accès à l’assistance humanitaire et la sécurité des humanitaires, et comment aider les réfugiés à retourner chez eux.
"L’unique voie pour résoudre le problème du Darfour est de réaliser la paix par des négociations", a dit Osman Mohammed Yousef Kibir, gouverneur du Darfour-Nord, en appelant la communauté internationale à faire davantage pression sur les mouvements rebelles qui refusent de signer l’accord de paix pour qu’ils reviennent à la table de négociations.

Toutefois, des observateurs à Khartoum doutent de la possibilité de parvenir à un compromis de paix dans un proche avenir.

"Il y avait trois mouvements rebelles lorsque des négociations de paix d’Abuja ont débuté en 2005, mais maintenant il y a plus de 18 groupes rebelles", a déploré un membre du Conseil législatif du Darfour-Nord, en ajoutant : "Je ne sais pas combien de groupes doivent être finalement invités pour la reprise des négociations".