La situation humanitaire en Afrique se dégrade: ONU

Redaction

Le Monde, 04 Avril 2007

La crise humanitaire en Afrique, notamment au Darfour, s'est dégradée ces derniers mois, avec une recrudescence des attaques contre les humanitaires, a déclaré mercredi un haut responsable de l'ONU au Conseil de sécurité.

"L'opération humanitaire au Darfour est de plus en plus fragile", a déclaré le nouveau secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, John Holmes, à son retour d'un voyage au Soudan, au Tchad et en Centrafrique.

"Si les choses ne s'arrangent pas, si les attaques contre les humanitaires augmentent, des organisations se retireront et l'operation pourrait échouer. Une catastrophe humanitaire se produirait alors", a prévenu le coordinateur des secours d'urgence de l'ONU.

Au Darfour, où la guerre civile aurait fait 200.000 morts en un peu plus de quatre ans, 13.000 humanitaires viennent en aide aux quatre millions de personnes touchées par le conflit, dont 2,2 millions de déplacés.

L'accès de plus en plus difficile aux populations déplacées dans les camps a fait repartir "les indicateurs de nutrition et de santé dans la mauvaise direction", a souligne M. Holmes.

Il a aussi déploré les obstacles bureaucratiques auxquels doivent faire face les organisations non-gouvernementales sur le terrain.

La crise du Darfour se répercute dans les régions voisines, notamment l'est du Tchad, a-t-il ajouté.

"La situation (dans cette zone) s'est en effet dégradée d'une manière significative", a-t-il expliqué. "Depuis l'automne 2006, des centaines de personnes ont été tuées. Des dizaines de villages ont été brûlés. Le nombre de personnes déplacées est passé de 50.000 à 140.000 en à peine quelques mois".

John Holmes a souhaite un renforcement de la présence du bureau des Nations unies chargé de la coordination des affaires humanitaires (Ocha) et a plaidé pour une "présence sécuritaire internationale" au Tchad.

En Centrafrique, "il est apparent que l'Etat n'est plus présent, sous aucune forme", a-t-il déploré.

Lançant un appel aux Nations unies, aux ONG et aux bailleurs de fonds pour en assurer le financement, M. Holmes a précisé qu'"au 31 mars, l'appel humanitaire des Nations unies pour la Centrafrique, d'un montant de 54 millions de dollars, n'(était) financé qu'à 18%".

Le nouveau coordinateur aux affaires humanitaires, qui a succédé le 1er mars au norvégien Jan Egeland, vient d'effectuer une tournée d'environ deux semaines au Soudan, au Tchad et en Centrafrique.