La force de l'UA au Darfour veut des armes et l'aide de l'Onu

Redaction

Reuters, 04 Avril 2007

Le chef de la force de l'Union africaine (UA) au Darfour a estimé mercredi que celle-ci avait besoin de davantage d'armes et d'une aide logistique accrue de l'Onu pour mener à bien sa tâche de maintien de la paix dans la province occidentale soudanaise.

"Il nous faut plus d'armes défensives. Les kalachnikovs et les autres armes dont nous disposons ne suffisent pas", a déclaré à Reuters Sam Ibok, en ajoutant que la force de l'UA avait aussi besoin des moyens aériens de l'Onu.

Ibok s'est abstenu de réclamer le déploiement rapide de casques bleus, le Soudan y étant farouchement opposé, mais il a souligné que les attaques récentes dont l'UA a été la cible souligné sa vulnérabilité dans la province en guerre depuis quatre ans.

Cinq soldats sénégalais de la force de l'UA qui montaient la garde à un puits proche de la frontière du Darfour avec le Tchad ont été tués dimanche par des miliciens armés, portant à 15 le nombre de soldats de la paix africains tués depuis leur déploiement en 2004.

En outre, un officier supérieur nigérian de la mission de l'UA a été enlevé en décembre et on est depuis sans nouvelle de lui.

Lors d'une réunion du Conseil de paix et de sécurité de l'UA mercredi à Addis Abeba, le Soudan a imputé ces attaques aux rebelles qui ont refusé de signer l'accord de paix de 2006. La réunion a ensuite été ajournée à jeudi.

Le président soudanais Omar Hassan al Bachir a réaffirmé lundi que la sécurité au Darfour reposait essentiellement sur l'Union africaine, tout en faisant état d'un "dialogue" en cours avec l'Onu sur un accroissement de son rôle.

Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon se propose de déployer dans la province en guerre jusqu'à 22.500 casques bleus, une hypothèse exclue par le Soudan en dépit des pressions internationales.

Selon les experts, jusqu'à 200.000 personnes ont été tuées au Darfour depuis 2003 et 2,5 millions d'autres ont été déplacées par les combats. Selon le gouvernement central de Khartoum, accusé d'être responsable, directement ou par milices interposées, de la majorité des violences, on ne compterait que 9.000 morts.