Tony Blair pour plus de fermeté face au gouvernement soudanais

Agence France Presse

Agence France Presse, 20 Octobre 2006

Le Premier ministre britannique Tony Blair espère ce vendredi convaincre ses homologues européens d'être plus fermes à l'égard des dirigeants soudanais, quitte à user "d'autres moyens de pression" pour leur faire accepter l'envoi d'une force de maintien de la paix de l'Onu au Darfour, a indiqué vendredi un de ses porte-parole.

"Le gouvernement soudanais ne doit pas douter une seconde de la détermination de la communauté internationale", a indiqué le porte-parole, Tom Kelly, au cours d'un point presse à Lahti (Finlande), où M. Blair participe à un sommet de l'Union européenne.

Si la communauté internationale n'obtient pas l'accord du président soudanais Omar el-Béchir pour déployer une force dans la région, "nous allons devoir envisager d'autres moyens de pression", a indiqué M. Kelly.

"Ce n'est pas ce que nous voulons, mais si c'est nécessaire nous le ferons parce que la situation au Darfour ne peut plus durer", a-t-il ajouté.

Il n'a pas spéculé sur ce que ces mesures pourraient être. Certains diplomates ont évoqué la possibilité de sanctions contre le gouvernement soudanais au conseil de sécurité de l'Onu si le président soudanais continuait à refuser les troupes onusiennes.

La France, qui comme la Grande-Bretagne est membre permanent du Conseil de sécurité, est proche de la position britannique, selon un diplomate européen.

"Il faut que nous envoyions un message clair de l'UE que toutes les parties doivent cesser les combats et que le gouvernement soudanais en particulier doit autoriser la venue des troupes de l'Onu", a-t-il simplement indiqué.

Un conseiller du président soudanais a encore affirmé jeudi à Khartoum son refus d'un mandat autre que celui de l'Union africaine au Darfour, après un entretien avec l'émissaire américain Andrew Natsios venu tenter de convaincre les dirigeants soudanais d'accepter une force des Nations unies.

Selon l'ONU, la guerre civile au Darfour et ses conséquences humanitaires ont fait au moins 200.000 morts depuis février 2003.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé le 31 août l'envoi d'une force de l'ONU d'environ 17.000 soldats et 3.000 policiers pour prendre la relève de la Mission de l'Union africaine (AMIS), composée de 7.200 hommes.

Mais le président soudanais Omar el-Béchir s'oppose farouchement à un tel déploiement, qu'il assimile à une tentative de recolonisation du Soudan.