Darfour: un émissaire US au Caire pour des entretiens avec la Ligue arabe

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Afp, 19 Octobre 2006

L'émissaire américain au Soudan Andrew Natsios, se trouvait vendredi en Egypte pour des entretiens avec les responsables de la Ligue arabe sur les moyens de rétablir la sécurité au Darfour, selon le département d'Etat.

M. Natsios "vient juste de quitter" le Soudan, où il a effectué une visite d'une semaine, sa première depuis sa nomination au début du mois comme émissaire spécial du président George W. Bush pour le Darfour, a déclaré un porte-parole du ministère américain des Affaires étrangères, Tom Casey, au cours d'un point-presse.

Au cours de son séjour qui l'a conduit à Khartoum, Juba (sud) et au Darfour (ouest), où il a notamment visité le camp de réfugiés de Nyala, M. Natsios n'a pas rencontré le président Omar al-Béchir, a précisé M. Casey.

"Nous sommes déçus que cela n'ait pas été possible pendant ce voyage", a noté le porte-parole, ajoutant que l'émissaire américain avait néanmoins pu rencontrer le ministre soudanais des Affaires étrangères, Lam Akol, et d'autres responsables du gouvernement de Khartoum.

M. Natsios souhaite avoir au Caire des entretiens non seulement avec des responsables égyptiens mais aussi consulter des responsables de la Ligue arabe, selon le porte-parole.

"La Ligue arabe a présenté certaines idées et eu certaines discussions sur la façon dont ils pourraient contribuer à une mission renforcée de l'Union africaine (UA) qui pourrait conduire à une mission de l'ONU", a poursuivi M. Casey.

Washington fait pression pour le déploiement au Darfour d'une force de maintien de la paix de quelque 17.000 soldats et 3.000 policiers dont le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé fin août la création. Cette force de l'ONU est censée prendre la relève de la force de l'UA, mais le président soudanais s'y oppose.

Depuis le début du conflit entre des groupes rebelles et les milices djandjawid alliées à l'armée soudanaise en février 2003, au moins 200.000 personnes ont péri des effets de la famine, des combats ou de maladie au Darfour, selon l'ONU.

Par ailleurs, interrogé sur le différend opposant le représentant de l'ONU à Khartoum, Jan Pronk, à l'armée soudanaise, qui l'a déclaré "persona non grata", le porte-parole américain s'est montré prudent.

"M. Pronk est le représentant de l'ONU là-bas. Je suis convaincu qu'il va poursuivre sa tâche et assumer ses responsabilités", a-t-il déclaré.

Le gouvernement soudanais a vivement protesté vendredi contre des propos de M. Pronk, qui avait affirmé que les forces soudanaises avaient "perdu au Darfour deux combats majeurs". Mais le gouvernement ne lui a pas demandé de quitter le pays, comme le voulait l'armée.