Nouvelle enquête sur un responsable soudanais incriminé par la CPI

Redaction

Afp , 23 Mars 2007

La justice soudanaise a décidé d'interroger à nouveau un secrétaire d'Etat, Ahmed Haroun, mis en cause par la Cour pénale internationale (CPI) dans des exactions au Darfour, dans l'ouest du pays.

Le procureur général, Salah Abou Zeid, qui a fait cette annonce dans des déclarations de presse publiées vendredi, a également décidé de ne pas accepter le recours de trois autres Soudanais, dont Ali Kosheib, un chef milicien mis en cause aussi par la CPI, contre leur jugement par un tribunal soudanais.

Concernant Ahmed Haroun, actuel secrétaire d'Etat aux affaires humanitaires et secrétaire d'Etat à l'Intérieur au moment des faits (2003-2004), le procureur a trouvé, contrairement aux conclusions d'une première enquête, des éléments justifiant un nouveau interrogatoire.

Pour les trois autres personnes, le procurer a jugé leur requête irrecevable et estimé qu'elles auraient l'occasion de contester les accusations devant un tribunal. Il n'a toutefois pas fixé de date pour le procès.

Le 6 mars, la justice soudanaise avait annoncé le report du procès de ces trois personnes dont l'ouverture était prévue le même jour devant un tribunal de Geneina au Darfour, jusqu'à l'examen d'un recours en annulation.

Ces trois personnes sont accusées d'implication dans "l'enlèvement et séquestration de civils, incendies de villages et massacre de population".

Le Soudan a nié à la CPI toute compétence pour juger des Soudanais, en affirmant que la justice du pays était à même de le faire et le président Omar el-Béchir a juré qu'il ne livrerait jamais aucun Soudanais à la CPI.

Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, a annoncé fin février à La Haye avoir présenté aux juges des preuves contre Ahmed Haroun et Ali Kosheib, qui ont commis de concert des crimes contre la population civile.

Le conflit au Darfour a fait 200.000 victimes et deux millions de déplacés, selon les organisations internationales, des chiffres contestés par le Soudan.