Darfour: la communauté internationale doit être "bien plus dure" (Blair)

Afp

Le Monde, 15 Mars 2007

Le Premier ministre britannique Tony Blair a estimé jeudi à propos du Darfour que la communauté internationale devait adopter une "position bien plus dure" face au Soudan pour éviter que l'extrémisme ne se répande en Afrique.

"J'adopterais aujourd'hui une position bien plus dure face au Soudan", a déclaré le Premier ministre sur Sky News, réaffirmant sa conviction de l'existence d'un "lien international" du terrorisme dans le monde.

Interrogé pour savoir si cette position signifiait l'envoi de troupes britanniques au Soudan, Tony Blair a répondu: "Je ne crois pas que nous soyons capables d'envoyer des troupes mais je pense en toute certitude que la communauté internationale devrait le faire".

"Elle devrait dire au gouvernement soudanais (du président Omar) el-Béchir: si vous n'êtes pas prêts à vous soumettre à ce que disent les Nations Unies, nous allons progressivement devenir plus durs avec vous...", a dit M. Blair.

L'ONU a indiqué que dans une lettre remise la semaine dernière au secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, le président soudanais "sembl(ait) remettre en cause" un accord de novembre 2006.

Cet accord prévoit la mise en place d'une force conjointe ONU-Union Africaine (UA) au Darfour avec le déploiement dans un premier temps d'environ 2.300 Casques bleus pour préparer une phase ultérieure. Une résolution du Conseil de sécurité prévoit le déploiement progressif d'une force conjointe ONU-UA de 20.000 hommes.

Ce déploiement vise à mettre un terme aux violences entre les rebelles et des groupes armés pro-gouvernementaux qui ont fait 200.000 victimes et plus de deux millions de déplacés depuis quatre ans, selon l'ONU. Ces chiffres sont contestés par le Soudan.

"Je pense que si le Soudan plonge encore plus qu'il ne l'est déjà dans le chaos, cela va gagner cette partie de l'Afrique (et) vous allez avoir une nouvelle radicalisation car cet extrémisme est maintenant à l'affût de tous ces conflits", a prévenu Tony Blair.

"Et mon opinion est que, à un certain moment, le monde doit se réveiller et comprendre que nous sommes dans un conflit fondamentaliste avec ces gens et que nous gagnerons quand nous leur ferons face", a-t-il ajouté.

"Si nous continuons à nous excuser leur laissant pour excuse (que) c'est à cause de George Bush qu'ils font ces choses terribles ou des inepties ridicules du même genre, plus nous leur fournirons leur propagande et leurs idées et moins nous aurons de chance de protéger notre sécurité", a-t-il poursuivi.