Centrafrique: les rebelles renoncent à Birao

Redaction

Nouvel Observateur, 06 Mars 2007

Les rebelles centrafricains ont confirmé mardi qu'ils avaient renoncé à reprendre la ville de Birao, dans le nord-est du pays, après l'intervention de l'aviation française ce week-end.

Le chef militaire de la coalition, Damane Zakaria, a déclaré que ses hommes s'étaient complètement retirés et que beaucoup étaient passé du côté soudanais de la frontière. Il a reproché à la France d'avoir fait tirer ses Mirage F-1 plutôt que "de jouer un rôle dans l'organisation d'un dialogue national afin d'établir une paix durable" en République centrafricaine.

La France, dont le pays est une ancienne colonie, possède un contingent dans cette région pour soutenir les forces centrafricaines et la force africaine (Fomuc) comprenant des militaires du Tchad, du Gabon et du Congo-Brazzaville. Elle affirme avoir tiré sur les rebelles à Birao en riposte à une attaque.

Joint par téléphone satellite, le commandant Zakaria a répondu que deux de ses hommes avaient été tués et que ses troupes ne visaient pas spécifiquement les forces françaises mais avaient lancé l'assaut contre la ville pour protester contre des rumeurs de renforcement des troupes gouvernementales dans le nord-est afin de chasser la rébellion. Selon lui, les combats dans cette localité proche de la frontière avec le Darfour, région en guerre de l'ouest du Soudan, ont commencé à l'aube samedi et continué dimanche.

La rébellion avait capturé Birao une première fois le 29 octobre mais en avait été chassée un mois plus tard par les troupes gouvernementales soutenues par l'aviation française. A la mi-décembre, l'opposition armée s'était retirée de la demi-douzaine de villes qu'elle tenait dans le secteur.

Le président centrafricain François Bozizé accuse le Soudan de soutenir les rebelles et l'insurrection de lancer ses attaques depuis des bases au Darfour, ce que Khartoum nie. Jusqu'à 60% des habitants de la région de Birao sont déplacés.