Le génocide au Darfour, une des violations des droits de l'Homme les plus graves de 2006, selon un rapport américain

Redaction

Nouvel Observateur, 06 Mars 2007

Le génocide au Darfour a été une des violations des droits de l'Homme les plus graves de 2006, ont estimé mardi les Etats-Unis dans un rapport qui dénonce également une diminution des libertés dans plusieurs pays, y compris l'Afghanistan et l'Irak.

Dans son étude annuelle sur les pratiques des droits de l'Homme, le Département d'Etat note que les massacres continuent à "ravager" le Darfour. A quelques jours d'une rencontre entre des diplomates américains et le président soudanais Omar el-Béchir, il s'en prend au gouvernement de Khartoum, imputant la responsabilité du génocide à son armée.

"Le gouvernement soudanais et la milice janjawid soutenue par le gouvernement porte la responsabilité du génocide au Darfour", souligne le rapport. "Toutes les parties du conflit ont commis des violations graves, y compris des meurtres massifs de civils, des viols, des tortures systématiques, des vols et le recrutement d'enfants soldats".

Washington avait déjà utilisé le terme de génocide pour le Darfour en 2004, lorsque le secrétaire d'Etat de l'époque Colin Powell l'avait évoqué devant le Congrès. Mais d'autres pays et les Nations unies se gardent d'utiliser ce terme.

Outre la crise au Darfour, le rapport estime que les conditions se dégradent en Afghanistan et en Irak. Dans ce dernier pays, où les attaques se multiplient malgré la formation d'un gouvernement démocratiquement élu, "les violences interconfessionnelles et les actes de terrorisme ont empiété sur les droits de l'Homme et les progrès démocratiques en 2006", ajoute le Département d'Etat.

De son côté, le gouvernement afghan a réalisé des progrès "importants" sur la question des droits de l'Homme, mais ceux-ci sont "restés médiocres" l'an dernier, note le rapport.