Khartoum traduit en justice les responsables de crimes au Darfour

Redaction

20 Minutes, 06 Mars 2007

Le Soudan a annoncé le jugement de l'une des deux personnes incriminées par la Cour pénale internationale (CPI) dans des crimes au Darfour.

Cette annonce, faite lundi, épouse la ligne choisie par le Congrès national, le parti au pouvoir du président Omar el-Béchir, pour contrer la CPI: la justice soudanaise est capable par elle-même de juger les auteurs des exactions au Darfour, zone de l'ouest du pays.

Elle concerne l'une des deux personnes accusées par la CPI, Ali Kosheib, un chef des milices pro-gouvernementales des djanjawid, dont l'arrestation a été révélée par les autorités soudanaises.

«Un membre de la police, Ali Kosheib, un capitaine de l'armée, Hamdi Charafeddine et Abdelrahmane Daoud Hamid vont comparaître à partir de mercredi devant le Tribunal pénal spécial de Geneina (Darfour ouest)», a indiqué lundi soir l'agence de presse officielle soudanaise, Suna.

L'agence n'a fait aucune mention de Ahmed Haroun, ancien secrétaire d'État à l'Intérieur et actuel secrétaire d'État aux Affaires humanitaires dont le nom a été cité par la CPI, comme étant directement impliqué dans les exactions.

Le ministre de la Justice Mohammed Ali al-Mardhi a expliqué le 27 février que ce dernier avait été interrogé et que rien n'avait été retenu contre lui.

Il a nié toute compétence de la CPI au Soudan disant que sa justice a la «compétence et volonté» de juger les auteurs de crimes au Darfour.

M. Haroun est rentré le 28 février de Jordanie, où il se faisait soigner, et a déclaré qu'il avait la conscience tranquille, étant convaincu qu'il n'avait fait au Darfour que son devoir de serviteur de l'État.

Le président Béchir a juré samedi qu'il ne remettrait aucun Soudanais à la CPI.