C'est un génocide !

Afrique Centrale

Afrique Centrale Info, 10 Octobre 2006

Le président nigérian Olusegun Obasanjo a affirmé mardi qu’un "génocide" était en train de "se développer" au Darfour, insistant sur la nécessité du déploiement d’une force de paix des Nations unies dans cette région de l’ouest du Soudan en proie à la guerre civile depuis 2003.

"Ce n’est ni dans l’intérêt du Darfour, ni dans l’intérêt de l’Afrique ou du monde, de rester là à voir se développer un génocide au Darfour", a déclaré M. Obasanjo en visite au siège de l’Union africaine (UA), à Addis Abeba.

"Je voudrais louer les efforts de nos partenaires pour leurs efforts acharnés afin d’aider l’Amis (mission de paix de l’UA au Darfour), jusqu’à la transition - avec le soutien du Soudan - menant à une force des Nations unies qui garderait son caractère africain", a-t-il ajouté lors d’un discours prononcé devant des diplomates africains et occidentaux.

Le Conseil de sécurité avait décidé fin août d’envoyer une force de l’ONU d’environ 17.000 soldats et 3.000 policiers au Darfour pour prendre la relève de l’Amis, mal équipée et sous-financée.

Mais ce projet se heurte à l’opposition farouche du président soudanais Omar el-Béchir, qui assimile ce scénario à une tentative occidentale de recoloniser le Soudan.

M. Obasanjo a par ailleurs appelé mardi la communauté internationale à "rester concentrée pour encourager ceux qui n’ont pas signé l’accord de paix du Darfour à le faire et pour s’assurer qu’il est appliqué".

Ce texte, moribond de fait, a été signé le 5 mai par le gouvernement soudanais et la faction majoritaire de l’un des groupes rebelles, le Mouvement de libération du Soudan (SLM).

Les combats au Darfour opposent des rebelles aux troupes gouvernementales appuyées par des milices arabes, les djandjawids, accusées d’être responsables d’exactions - meurtres, viols et pillages - contre les cultivateurs sédentaires d’origine africaine.

La guerre civile et ses conséquences humanitaires ont fait au moins 200.000 morts depuis février 2003.