Tchad : proposition d'une mission forte de 10.900 casques bleus

Redaction

Tv5, 26 Février 2007

Le Secrétaire général a proposé, dans un rapport rendu public le 23 février, le déploiement de 10.900 casques bleus à l'appui d'une mission des Nations Unies au Tchad et en République centrafricaine, alors que le Soudan ferme toujours sa région frontalière du Darfour aux Nations Unies et à l'Union africaine.

Le déploiement d'une telle mission dans l'Est du Tchad est encore soumise à l'autorisation du président Déby qui s'est dit préoccupé par la composante militaire, indique le rapport soumis au Conseil de sécurité.

Ce dernier rappelle que la région est du Tchad « traverse une crise sécuritaire et humanitaire complexe, marquée par des heurts constants entre les forces gouvernementales et les rebelles tchadiens basés au Soudan, des attaques menées contre des civils par des milices opérant à partir du Soudan, la présence de rebelles soudanais sur le territoire tchadien, la violence ethnique, des déplacements de population, des tensions interethniques et des actes de banditisme ».

Les populations locales et les 232 000 Soudanais réfugiés dans la région mais aussi les 120 000 personnes déplacées dans l'est du Tchad vivent de ce fait dans un climat d'incertitude et de persécution et sont soumis à des dangers incessants, ajoute-t-il.

Quant aux risques auxquels serait exposée la mission, le rapport envisage notamment que les groupes armés pourraient « estimer que la force des Nations Unies compromet leurs visées militaires et décider de s'en prendre à elle ».

« Il est donc crucial d'obtenir des garanties de la part des groupes rebelles tchadiens qu'ils respecteront le caractère impartial de la présence des Nations Unies. Il est également possible que la force des Nations Unies soit prise dans un échange de tirs entre les belligérants », affirme le Secrétaire général.

Afin d'atténuer ces risques, indique Ban Ki-moon, la force des Nations Unies devrait faire porter son action sur deux objectifs principaux : la protection des civils en danger, notamment les déplacés et les réfugiés, et la prévention des attaques transfrontières du fait de sa présence.

« Si le Conseil de sécurité décidait de créer une force des Nations Unies, je recommande l'option B, car les effectifs et le degré de mobilité envisagés donneraient les moyens à la force de s'acquitter efficacement des tâches proposées et de faire face aux imprévus », indique le Secrétaire général.

Cette 'option B' prévoit alors le déploiement total de 10.900 casques bleus et personnel civil, une composante aérienne de 9 hélicoptères de transport, deux hélicoptères d'observation armés, d'engins sans pilote et de deux avions d'observation. Neuf bataillons d'infanterie seraient déployés, parmi lesquels deux compagnies seraient réservés pour la Centrafrique.

« L'opération des Nations Unies pourrait aussi contribuer en parallèle aux efforts menés pour régler la crise au Darfour et concourir, le cas échéant, à l'instauration d'un climat politique propice à la paix, à la stabilité et à la réconciliation dans l'est du Tchad », indique le rapport.

S'agissant par ailleurs de la situation dans le nord-est de la République centrafricaine, « elle n'est pas aussi grave et l'accord intervenu entre le Gouvernement et les groupes rebelles en vue de négocier une issue au conflit est encourageant », indique le rapport.

Le Secrétaire général préconise en conséquence « un petit déploiement des Nations Unies composé de militaires et de policiers », ce qui aiderait à stabiliser la situation dans le nord-est du pays.

« Je tiens à réaffirmer qu'il incombe au premier chef aux dirigeants soudanais, tchadiens et centrafricains de parvenir à un règlement durable de la crise au Darfour, dans l'est du Tchad et dans le nord-est de la République centrafricaine », affirme le Secrétaire général en conclusion, estimant qu'une « première étape concrète consisterait pour le Tchad et le Soudan à appliquer les accords de Tripoli et de N'Djamena à titre prioritaire ».