Chirac interpelle les candidats sur l'Afrique

Redaction

Europe 1, 16 Février 2007

Jacques Chirac a refermé vendredi le sommet Afrique-France qui se tenait à Cannes en appelant tous les candidats à l'élection présidentielle à se préoccuper de l'Afrique, tout en refusant de dévoiler ses propres intentions quant à un éventuel troisième mandat. On retiendra de cette rencontre l'accord entre le Soudan, le Tchad et la Centrafrique sur le Darfour.

Vous me demandez : 'c'est mon dernier sommet ?' Je vous réponds 'oui, pour cette année'", a déclaré Jacques Chirac lors de la conférence de presse finale du sommet Afrique-France de Cannes, déclenchant les rires de la salle. Le président français, dont le mandat se termine en mai, a en revanche invité tous les candidats à l'élection présidentielle à se préoccuper d'Afrique. "Je souhaite que tous les candidats éventuels, tous, aient conscience de l'importance capitale que l'Afrique a pour le monde, que l'aide au développement de l'Afrique a pour l'équilibre et la stabilité du monde - indépendamment des problèmes moraux que cela pose -, et que les relations entre la France et l'Afrique sont essentiels pour notre pays pour toutes ces raisons", a-t-il dit.

On retiendra de cette rencontre cannoise le mini-sommet impromptu sur la crise au Darfour, qui a débouché sur la signature d'un accord. Les trois présidents tchadien, soudanais et centrafricain ne s'étaient plus réunis depuis mai 2006. En marge du sommet Afrique-France, Jacques Chirac avait donc pris l'initiative de réunir Omar Hassan el Bachir, François Bozizé et Idriss Déby, le président de l'Union africaine, John Kufuor, l'Egyptien Hosni Moubarak et le Gabonais Omar Bongo pour parler de l'épineuse question du Darfour. Ce mini-sommet impromptu a permis au Soudan, au Tchad et à la Centrafrique de parvenir à un accord jeudi soir : à l'issue d'une heure et demie de pourparlers, les chefs d'Etats des trois pays se sont entendus sur un texte dans lequel ils s'engagent sur "le respect des souveraientés et l'abstention à tout soutien de mouvements armés". L'accord prévoit également la mise en place "d'instances de concertations actives" entre le Soudan, le Tchad et la Centrafrique. L'Elysée a salué cette signature, qualifiée de "pas positif vers la reprise du dialogue entre les trois pays".

La République centrafricaine et le Tchad, pays frontaliers du Soudan, accusent le gouvernement de Khartoum de soutenir les rebelles du Darfour, région de l'Ouest soudanais grande comme la France en proie à une grave crise humanitaire. Depuis 2003, les violences y ont fait plus de 200.000 morts et 2,5 millions de déplacés. La communauté internationale tente de persuader le président soudanais Omar Hassan el Bachir d'approuver le déploiement de 3.000 casques bleus de l'Onu qui viendraient épauler les 7.000 hommes de la mission de paix de l'Union africaine déjà présents sur le terrain. Mais celui-ci a réitéré vendredi son opposition à ce déploiement.