Soudan, Tchad et Centrafrique s'engagent sur le Darfour à Cannes

Redaction

Reuters, 16 Février 2007

Le Soudan, le Tchad et la République centrafricaine ont signé jeudi soir à Cannes une déclaration dans laquelle ils s'engagent à respecter la souveraineté de leurs voisins et à ne pas soutenir de mouvements armés.

A l'issue d'une heure et demie de pourparlers, les chefs d'Etat des trois pays se sont entendus sur un texte dans lequel ils réitèrent leur "engagement à respecter les souverainetés et à ne pas soutenir les mouvements armés, en conformité avec l'accord de Tripoli" de février 2006.

Le document a été signé par les huit chefs d'Etat présents à la réunion : Soudan, Tchad, République centrafricaine, France, Ghana, Congo, Gabon et Egypte.

Dans cet accord, dont une copie a été transmise à la presse, les signataires souhaitent en outre "la mise en place d'instances de concertation active entre le Soudan, le Tchad et la Centrafrique". Ils soutiennent enfin "la poursuite de l'engagement" de l'Union africaine et des Nations unies pour résoudre la crise au Darfour.

L'Elysée a salué cette signature, qualifiée de "pas positif vers la reprise du dialogue entre les trois pays".

Organisé en marge de la XXIVe Conférence Afrique-France, le mini-sommet sur le Darfour s'est déroulé sous l'égide du président en exercice de l'Union africaine, le Ghanéen John Kufuor, en présence des présidents tchadien Idriss Déby, soudanais Omar Hassan el-Bachir et centrafricain François Bozizé.

La Centrafrique et le Tchad doivent faire face à des attaques de rebelles venus de la province soudanaise du Darfour, frontalière de leur territoire.

Khartoum refuse d'approuver le déploiement de 3.000 casques bleus de l'Onu qui viendraient épauler les 7.000 hommes de la mission de paix de l'Union africaine déjà présents sur le terrain.

Depuis 2003, les violences ont fait au Darfour plus de 200.000 morts et 2,5 millions de déplacés.

Dans un discours prononcé jeudi matin, Jacques Chirac a appelé le gouvernement soudanais et les parties en conflit à éviter "la politique du pire".

"La communauté internationale et l'Union africaine se sont engagées. J'appelle tous les belligérants et le gouvernement à écouter leur voix. A accepter le déploiement d'une force de paix. A cesser les attaques, à respecter les populations civiles et les personnels humanitaires, à comprendre l'impasse et l'horreur d'une politique du pire et faire ainsi le choix de la réconciliation", a-t-il dit devant les représentants des 48 pays africains présents au sommet.