Khartoum reste opposé au déploiement de casques bleus au Darfour

Reuters

L'express, 16 Février 2007

Le président soudanais Omar Hassan el-Bachir a réitéré vendredi à Cannes son opposition au déploiement de casques bleus au Darfour pour soutenir les soldats de l'Union africaine.

"D'après l'accord d'Abuja (signé en 2006, ndlr), c'est clair : le maintien de la paix appartient aux troupes de l'Union africaine", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse, en marge du XXIVe sommet Afrique-France de Cannes.

"Les Nations unies (sont) là pour le soutien logistique, financier et technique, pour que l'Union africaine puisse vraiment faire son travail", a ajouté le président, dont les propos en arabe étaient traduits en français.

Omar Hassan el-Bachir a également redit son refus d'attribuer des visas à une délégation de l'Onu souhaitant venir enquêter sur les droits de l'homme au Darfour.

"Ce n'est pas la première mission (de ce genre) à venir au Soudan pour voir la situation des droits de l'homme", a-t-il dit. "Concernant cette mission en particulier, des membres de cette délégation ne sont pas impartiaux donc il sera difficile (pour eux) de dire la réalité telle qu'elle est".

"A partir du moment où ils ont déjà un parti pris d'avance, ce n'est pas possible de leur permettre de venir, mais le principe de recevoir une mission est toujours là.

"On est prêt à recevoir une mission mais une mission qui soit indépendante et honnête", a-t-il conclu.

Le Soudan, le Tchad et la République centrafricaine ont signé jeudi soir à Cannes une déclaration dans laquelle ils s'engagent à respecter la souveraineté de leurs voisins et à ne pas soutenir de mouvements armés - une promesse déjà faite par le passé.

La Centrafrique et le Tchad doivent faire face à des attaques de rebelles venus de la province soudanaise du Darfour, frontalière de leur territoire.

Khartoum refuse d'approuver le déploiement de 3.000 casques bleus de l'Onu qui viendraient épauler les 7.000 hommes de la mission de paix de l'Union africaine déjà présents sur le terrain au Darfour, une région grande comme la France.

Depuis 2003, les violences y ont fait plus de 200.000 morts et 2,5 millions de déplacés.