Le sommet Afrique-France se penche sur le Darfour

Redaction

Europe 1, 15 Février 2007

Jacques Chirac accueille ce matin à Cannes les délégations des 48 pays - sur les 53 que compte le continent africain - représentés à Cannes. Le chef de l'Etat laissera ensuite la parole au président malien Amadou Toumani Touré, hôte de la dernière conférence en 2005 à Bamako. Après un déjeuner de travail, trois tables-rondes sont prévues sur différents thèmes : les matières premières en Afrique ; place et poids de l'Afrique dans le monde ; l'Afrique et la société de l'information.

Plusieurs dirigeants africains n'ont pas fait le déplacement de Cannes, à commencer par le président sud-africain Thabo Mbeki, retenu par un congrès de son parti, l'ANC. Sont également absents le Libyen Mouammar Kadhafi, l'Ivoirien Laurent Gbagbo, le Zimbawéen Robert Mugabe, qui affirme ne pas avoir été invité, le Congolais Joseph Kabila et le Rwandais Paul Kagamé, dont le pays a rompu ses relations diplomatiques avec la France. Le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh, qu'une juge française souhaite interroger dans le cadre de l'affaire Borrel, était invisible mercredi à Cannes, mais il devait assister au sommet. La juge Sophie Clément souhaite l'entendre à propos de Bernard Borrel, magistrat français décédé il y a 11 ans à Djibouti dans des conditions mystérieuses.

Cette conférence de Cannes est sans doute le dernier rendez-vous africain de Jacques Chirac, dont le mandat se termine en mai. Alors que la présence française s'effrite en Afrique, ce sommet a aussi pour but de consolider les liens entre Paris et un continent devenu ces dernières années le nouveau "terrain de jeu" pour des pays avides d investissements. "L'Inde, la Chine, le Brésil, l'Iran, les Etats-Unis (...) s'intéressent beaucoup à l'Afrique, a noté le chef de la diplomatie française, Philippe Douste-Blazy, sur France 3. "La compétition est rude".

En marge des séances de travail organisées sur le thème de "l'Afrique et l'équilibre du monde", le conflit qui ensanglante le Darfour pourrait faire l'objet d'un "mini-sommet" réunissant les présidents tchadien, centrafricain, soudanais, et le président de l'Union africaine, le Ghanéen John Kufuor. "Une réunion incluant les pays de la région est probable demain après-midi en marge des travaux du sommet", a annoncé mercredi soir un proche de Jacques Chirac. Le conflit au Darfour, une région grande comme la France située dans l'ouest du Soudan, a fait plus de 200.000 morts et 2,5 millions de déplacés. La communauté internationale tente de persuader le président soudanais d'approuver le déploiement de 3.000 casques bleus de l'Onu qui viendraient épauler les 7.000 hommes de la mission de paix de l'Union africaine déjà présents sur le terrain mais souvent impuissants et manquant de fonds.