La tension persiste entre le Tchad et le Soudan

Alwihda

Panapress, 15 Février 2007


Quel que soit le nombre d'accords conclus entre le Soudan et le Tchad, leur impact prévu sur le terrain sera toujours limité ou inexistant en l'absence d'une véritable volonté politique de surmonter les problèmes existant entre ces deux pays voisins, a averti l'Union africaine (UA) dans un rapport rendu public lundi à Addis-Abeba.

Le président de la Commission de l'UA, Alpha Oumar Konaré a souligné qu'aucun mécanisme n'était prévu dans le cadre de ces accords pour promouvoir la confiance et faciliter la mise en oeuvre des engagements.

Le rapport de M. Konaré sur les relations entre le Tchad et le Soudan a été présenté au Conseil de paix et de sécurité (PSC) de l'UA pour qu'il l'examine de toute urgence.

Les relations entre les deux pays restent tendues puisque aucun des accords qu'ils ont passé n'a débouché sur une normalisation définitive de la situation et le rétablissement de la sécurité à leur frontière commune, selon ce rapport,.

La situation sur le terrain est une conséquence de la convergence de plusieurs facteurs, dont la crise du Darfour au Soudan, qui a pris une dimension régionale, avec un impact sur le Tchad et dans une moindre mesure sur la République Centrafricaine.

"Il est désormais urgent de déployer le maximum d'efforts pour amener les parties à honorer pleinement leurs engagements et à les exécuter de bonne foi", a déclaré M. Konaré au Conseil.

Sur la situation humanitaire, le rapport indique que les attaques contre les villages tchadiens et les affrontements inter- communautaires ont rendu la situation particulièrement préoccupante à la fois pour les réfugiés soudanais et les populations tchadiennes forcées de fuir leurs maisons.

Le Tchad abrite actuellement près de 235.000 réfugiés en provenance de la région en proie à des troubles du Darfour.

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), en collaboration avec les autorités tchadiennes, prend en charge ces réfugiés dans 12 camps à Oure Cassoni, Iridimi, Touloum, Am Nabak, Mile, Kounougo, Farchana, Bredjing, Treguine, Gaga, Goz Amir et Djabal.

Dans le même temps, le Tchad compte près de 90.000 déplacés internes, dont 15.000 ont été obligés de quitter leurs maisons en novembre 2006.

En plus de ces chiffres, le Sud du Tchad abrite environ 43.000 réfugiés de la RCA. Ces derniers résident dans des camps à Amboko et Gondje (préfecture de Gore) et à Yaroungou dans la préfecture de Maro.

La préoccupation de l'UA est que la sécurité s'est dégradée dans ces camps en raison des raids accrus des rebelles tchadiens.

En raison de l'insécurité croissante ces derniers mois, le rapport souligne que les agences humanitaires ont dû réduire leurs activités dans l'Est du Tchad.

Lors de sa huitième session ordinaire qui s'est tenue du 29 au 30 janvier à Addis-Abeba, le Sommet de l'UA s'est déclaré préoccupé par les relations tendues entre le Tchad et le Soudan.

La session a demandé au PSC d'examiner cette question d'urgence.