SOUDAN - DARFOUR - Arrestation d'un journaliste du National Geographic

Afp

Jeune Afrique, 27 Août 2006

Le magazine américain National Geographic et le quotidien Chicago Tribune ont demandé samedi la remise en liberté d'un journaliste deux fois lauréat du prix Pulitzer, arrêté au Soudan et accusé d'espionnage.

Paul Salopek, correspondant du quotidien américain Chicago Tribune, était en reportage pour le National National Geographic au Darfour, région en proie à une guerre civile, lorsqu'il a été arrêté le 6 août en compagnie de son chauffeur et de son interprète, tous deux de nationalité tchadienne, ont précisé les deux organes de presse.

Samedi, Paul Salopek, 44 ans, a été inculpé par le tribunal de El Fashir, dans le nord du Darfour, pour espionnage, diffusion de fausses informations et entrée au Soudan sans visa, a indiqué le National Geographic dans un communiqué.

"Le magazine National Geographic proteste avec vigueur contre ces accusations et appelle le Soudan à le libérer immédiatement ainsi que les deux Tchadiens qui l'accompagnaient", indique le communiqué.

Salopek "n'a pas d'autre projet que d'informer honnêtement et fidèlement de ce qui se passe dans la région. C'est un journaliste de réputation mondiale qui a une connaissance profonde et un respect pour le continent africain et ses peuples", écrit le rédacteur en chef du National Geographic editor, Chris Johns.

Le procès des trois hommes doit se tenir le 10 septembre, selon la revue américaine.

La rédactrice en chef du Chicago Tribune, Ann Marie Lipinski, a souligné que M. Salopek est "l'un des journalistes les plus expérimentés et les plus admirés de notre époque". "Ce n'est pas un espion", a-t-elle affirmé.

Il avait obtenu l'un de ses deux prix Pulitzer en 2001 pour ses articles sur l'Afrique, et en particulier sur la guerre civile en République démocratique du Congo (RDC).

Depuis début 2003, les combats et la crise humanitaire ont provoqué la mort d'entre 180.000 et 300.000 personnes au Darfour. Au moins 2,4 millions de personnes ont été déplacées dans cette région de sept millions d'habitants.

L'ONU demande en vain depuis plus de deux ans au gouvernement soudanais de protéger les populations civiles au Darfour.

Le Conseil de sécurité a discuté jeudi d'un projet de résolution américano-britannique prévoyant de transférer à l'Onu la mission de l'Union africaine (UA) au Darfour mais Khartoum l'a rejeté.