Darfour : il faut que la communauté internationale s'engage en faveur de la force mixte

Par Stephen Kaufman, Rédacteur De L'usinfo

Departement Americain, 08 Février 2007

Les contributions de soldats à la force mixte ne s'étant pas concrétisées, un « goulet d'étranglement » risque de se produire lors de son déploiement.

Un « goulet d'étranglement » menace le déploiement en trois phases d'une force mixe de l'ONU et de l'Union africaine au Darfour (Soudan) car les États membres de l'ONU ne se sont pas fermement engagés à contribuer des soldats. Par ailleurs, il est nécessaire, selon les États-Unis, que les deux organisations internationales décident de la structure du commandement de cette force.

Les États-Unis, a indiqué le 7 février le porte-parole du département d'État, M. Sean McCormack, « participent activement » à la tâche de constituer cette force qui devrait assurer la sécurité des habitants du Darfour et du personnel des organisations humanitaires et aussi appuyer l'application des dispositions de l'Accord de paix sur le Darfour.

« Ce qu'il faudrait, c'est que quelques pays membres se décident et prennent l'engagement ferme de contribuer un nombre important de soldats à la force mixte de l'Union africaine et de l'ONU. Voilà ce dont nous avons besoin. Il est donc important que la communauté internationale prenne des mesures à cet égard », a souligné M. McCormack, exhortant également l'ONU à « étudier tous les moyens pouvant réduire les délais dont elle a besoin pour réaliser le déploiement de la force ».

Un autre « obstacle » entravant le déploiement de la force, selon lui, est la nécessité pour l'ONU et l'Union africaine de mettre en place « la logistique et l'infrastructure qui permettraient d'appuyer non seulement la première et la deuxième phase, mais éventuellement la troisième ».

En novembre 2006, en vertu d'un accord signé à Addis-Abeba (Éthiopie), le président du Soudan, M. Omar al-Bashir, s'était engagé, en principe, à autoriser les trois phases de déploiement de la force, mais, a précisé M. McCormack, l'ONU et l'Union africaine n'ont déployé qu'un peu plus de 40 personnes pour apporter une assistance principalement technique, alors que leur nombre devait être de 185 pendant la première phase.

Durant la deuxième phase, un millier de personnes doivent mettre en place le quartier général et le reste de l'infrastructure pour les 15.000 soldats qui devraient être déployés dans le cadre de la troisième phase.

« Il faut maintenant que les États membres de l'ONU s'engagent à fournir des soldats à cette force de l'Union africaine et de l'ONU afin que l'on puisse voir si le président al-Bashir respectera les engagements qu'il a pris », a souligné M. McCormack.

Les États-Unis et le reste de la communauté internationale ne sont pas d'accord sur les mesures à prendre, qui constituent ce que M. McCormack a appelé le plan B, au cas où le gouvernement soudanais ne respecterait pas ses engagements. Ils ne mettent pas en doute les promesses de M. al-Bashir, mais il est trop tôt pour dire s'il n'est pas disposé à mettre en application les trois phases du déploiement de la force.

« Pour le vérifier, il faut avoir les soldats qui constitueront la force, et nous ne les avons pas encore. Et c'est la raison pour laquelle il est tellement important que les pays membres de l'ONU prennent les devants et répondent à l'appel lancé en ce qui concerne cette force », a-t-il fait observer.

Selon un haut responsable du département d'État, la troisième phase du déploiement de la force nécessitera entre 15.000 et 20.000 soldats. Pour l'instant, seulement 46 militaires et policiers ont été déployés au Darfour en vertu de la première phase du déploiement.

« Il faut que les pays membres agissent », a-t-il déclaré, ajoutant que si l'on n'avait pas demandé aux États-Unis de fournir des soldats, le gouvernement Bush avait cependant proposé de fournir un appui logistique à la force internationale.