Le président chinois Hu Jintao reçu en Afrique du Sud

Redaction

Reuters, 06 Février 2007

Le président chinois Hu Jintao a entamé mardi l'étape sud-africaine de sa tournée sur un continent avide d'investissements, qui s'interroge néanmoins sur les bénéfices à tirer de sa coopération économique avec Pékin.

Hu a été reçu avec les honneurs militaires en présence du chef de la diplomatie, Nkosazana Dlamini-Zuma, à l'aéroport Tambo de Johannesburg, avant d'aller rencontrer le président Thabo Mbeki, avec lequel il a signé une série d'accords économiques.

"De notre point de vue, la Chine est l'un de nos plus importants partenaires stratégiques et économiques et cela va s'accroître", a assuré le chef de l'Etat sud-africain.

Si la plupart des pays africains sont favorables à un rapprochement avec Pékin, certains experts estiment que les plus pauvres pourraient en pâtir s'ils ne prennent garde à protéger leur secteur manufacturier, encore fragile, d'un déferlement de produits chinois à bas prix.

"La plupart des pays africains négocient avec la Chine en position de faiblesse", observe ainsi David Monyae, professeur de relations internationales à l'université Witwatersrand de Johannesburg.

CONFIANCE À PRETORIA

L'Afrique du Sud, première économie du continent, reste la plus à même d'établir une relation équitable avec le géant chinois, a-t-il assuré à Reuters, rappelant néanmoins que les échanges bilatéraux étaient plus favorables à la Chine.

Selon Aziz Pahad, vice-ministre sud-africain des Affaires étrangères, Pretoria fera en sorte de réduire l'excédent commercial de Pékin, qui atteint trois milliards de dollars, et reste convaincu que l'offensive de charme menée par les dirigeants chinois bénéficie largement à l'Afrique.

Samedi, Hu et le président zambien Levy Mwanawasa avaient proclamé la petite ville minière de Chambishi, 420 km au nord de Lusaka, zone économique spéciale défiscalisée pour les entreprises chinoises.

En 2006, les échanges commerciaux avec l'Afrique ont atteint 55,5 milliards de dollars, une hausse de 40% par rapport à 2005, selon les chiffres du ministère chinois du Commerce.

Soucieux de montrer que les relations sino-africaines ne se réduisent pas à des rapports de convoitise, Hu a proposé cinq milliards de prêts et de crédits au continent, ainsi que le doublement de l'aide chinoise, lors du sommet qui s'est tenu en novembre à Pékin.