L'impasse au Darfour, source de frustration pour le Conseil de sécurité

Par Judy Aita, Correspondante De L'usinfo

Departement Americain, 07 Février 2007

L'impasse au Darfour, source de frustration pour le Conseil de sécurité
Les États-Unis espèrent que la visite à Khartoum des envoyés spéciaux de l'ONU et de l'UA débouchera sur une ouverture.

Frustré par l'absence de progrès en vue de l'envoi d'une mission de casques bleus de l'ONU au Darfour, le Conseil de sécurité compte sur la visite prochaine des envoyés spéciaux de l'ONU et de l'Union africaine (UA) pour débloquer l'impasse, a indiqué le représentant permanent par intérim des États-Unis auprès de l'ONU, M. Alejandro Wolff.

Le secrétaire général de l'ONU, M. Ban Ki-moon, qui a récemment assisté au sommet de l'UA à Addis-Abeba (Éthiopie) et s'est entretenu avec le président soudanais, a fait part au Conseil de sécurité, le 6 février, de l'incapacité dans laquelle se trouvaient l'ONU et l'Union africaine d'obtenir que le président du Soudan, M. Omar el-Béchir, consente au déploiement d'une force « hybride » de maintien de la paix, forte de 20.000 hommes (17.000 soldats et 3.000 conseillers de police) et qui se composerait à la fois de soldats de l'ONU et de soldats de l'UA.

Il a annoncé que M. Jan Eliasson, envoyé spécial de l'ONU, et M. Salim Ahmed Salim, envoyé spécial de l'UA, se rendraient du 11 au 17 février à Khartoum, la capitale du Soudan, et au Darfour, et précisé qu'il s'adresserait de nouveau au Conseil de sécurité afin de considérer la suite à donner aux recommandations que feront les envoyés spéciaux à la suite de leurs visites.

Faisant valoir qu'il avait exprimé au président Béchir sa volonté de procéder rapidement au déploiement de la force mixte, M. Ban Ki-moon a aussi émis l'espoir que la visite des envoyés spéciaux « relancerait » le processus politique.

Selon M. Wolff, « un sentiment général de frustration » prévaut parmi les 15 pays membres du Conseil de sécurité. « C'est une situation qui nous préoccupe depuis de nombreux mois. Les tactiques dilatoires employées par le gouvernement soudanais continuent à nous désarçonner », a-t-il dit.

Il a rappelé que les Nations unies et l'Union africaine avaient élaboré un plan sur trois volets que le président Béchir avait approuvé en décembre 2006, mais dont il continue à retarder l'application.

Les Nations unies ont déployé quelque 25 officiers militaires et 20 conseillers de police dans le cadre d'un plan d'assistance « légère » aux forces surmenées de la Mission de l'Union africaine au Darfour, région où, depuis 2003, les combats entre les forces du gouvernement et les groupes rebelles ont fait plus de 200.000 victimes et plus de 2 millions de personnes déplacées.

En vertu de ce plan, financé à hauteur de 21 millions de dollars, l'ONU doit assister les soldats de la force de maintien de la paix de l'UA avec 105 officiers, 33 conseillers de police et un personnel civil de 48 personnes, ainsi qu'avec du matériel et des fournitures.

Le secrétaire général de l'ONU, a précisé M. Wolff, a dit au Conseil de sécurité qu'il était déterminé à ce que la priorité soit accordée au Darfour et à collaborer avec l'UA pour la mise au point d'une stratégie coordonnée qui permettrait à l'ONU d'être prête à déployer sa force lorsque le mandat de l'ONU arriverait à expiration en juin.

« Le Conseil de sécurité renforcera notre engagement à trouver une solution à ce problème par le biais de moyens diplomatiques », a affirmé M. Wolff.

Lorsqu'il a assumé ses fonctions, M. Ban Ki-moon, qui a remplacé M. Kofi Annan, a fait part de son intention de rester « directement et personnellement » engagé à propos du Darfour et, le 6 février, il faisait valoir au Conseil de sécurité, qu'il « ne fallait plus perdre de temps » et que « le peuple du Darfour avait déjà attendu bien trop longtemps ».