MDM suspend ses opérations au Darfour

Redaction

Rfi, 30 Janvier 2007

L'organisation humanitaire Médecins du Monde (MDM)-France "a décidé de suspendre ses activités au Darfour pour une durée indéterminée", a-t-on appris hier auprès du directeur des opérations internationales de l'ONG, Eric Chevallier. Interrogé par l'AFP, M. Chevallier, qui se trouve actuellement au Soudan, a précisé que "les conditions de sécurité sont telles que Médecins du Monde ne peut plus être là où c'est le plus nécessaire" et "qu'il y a un déséquilibre entre les services rendus et les risques encourus" par MDM. M. Chevallier a précisé que MDM "garde une équipe à Khartoum car l'organisation est toujours présente dans le sud du Soudan et afin de pouvoir se redéployer rapidement au Darfour dès que possible".

Peu de temps auparavant, six organisations humanitaires avaient réclamé à l'ONU et à l'Union africaine (UA) des mesures urgentes pour faire cesser les violences contre les civils et les travailleurs humanitaires au Darfour (ouest du Soudan) sans quoi les opérations seraient "sur le point d'être arrêtées". "Aujourd'hui, l'assistance des organisations humanitaires au Darfour est sur le point d'être stoppée si les décideurs présents au sommet de l'Union africaine (qui s'est ouvert hier à Addis Abeba) ne prennent pas des dispositions urgentes pour mettre fin aux toujours plus nombreuses violences perpétrées à l'encontre des civils et des travailleurs humanitaires", affirme Action contre la faim (ACF) dans un communiqué.

"Les six organisations - Action contre la Faim, CARE International, Oxfam International, Norwegian Refugee Council, World Vision and Save the Children - indiquent que les travailleurs humanitaires doivent aujourd'hui faire face à une violence jamais atteinte dans le Darfour, qui a conduit à réduire au minimum les opérations d'aide aux populations", précise ACF. "Plus d'un mois après l'attaque de travailleurs humanitaires à Gereida - la plus violente depuis le début du conflit - où des équipes ont été victimes de viols, de simulacres d'exécutions et battues - il est toujours trop dangereux pour les organisations de revenir dans le plus grand camp de déplacés au monde qui abrite 130.000 personnes", selon la même source, ajoutant que "dans d'autres zones du Darfour (...) depuis début décembre, près de 500 travailleurs humanitaires se sont retirés".

"Les chefs d'Etat africains et le nouveau secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, s'ils ne veulent pas abandonner les populations du Darfour, doivent impérativement prendre des décisions concrètes pour ouvrir un nouveau chapitre dans le règlement du conflit et obtenir un cessez-le-feu immédiat respecté par toutes les parties", affirment les organisations. Ban Ki-moon a appelé hier au sommet de l'UA "à construire un consensus pour le déploiement urgent d'une force ONU-UA" au Darfour.