Le HCR n'entrevoit aucun retour des réfugiés du Darfour chez eux

Redaction

Reuters, 30 Janvier 2007

La poursuite des violences au Darfour, région de l'ouest du Soudan, tue tout espoir de rentrer chez eux pour les deux millions de Soudanais ayant fui les combats, a déclaré mardi le Haut commissariat de l'Onu pour les réfugiés.

Alors qu'il lance un appel à donations d'un montant total de 19,7 millions de dollars destiné à couvrir le coût pour cette année des programmes d'aide dans l'ouest du Soudan, le HCR a souligné que les attaques fréquemment menées par les forces gouvernementales soudanaises, des rebelles et des miliciens arabes menaçaient les employés du secteur humanitaire.

"Il n'y a pas de perspective de retour pour les déplacés internes du Darfour ou pour les plus de 200.000 réfugiés soudanais qui se trouvent dans l'est du Tchad", a déclaré une porte-parole du HCR, Jennifer Pagonis, à Genève.

Ces fonds seront utilisés pour fournir protection, abris et autres services aux personnes déplacées au Darfour, où l'on signale un grand nombre de crimes à caractère sexuel selon le HCR.

L'agence ajoute que les 200.000 Tchadiens qui se sont réfugiés au Darfour pour fuir les attaques de miliciens arabes dans leur propre pays ont eux aussi besoin d'aide alors que des conditions de sécurité "extrêmement précaires" caractérisent l'ouest du Soudan.

Le HCR a rappelé que 12 employés du secteur humanitaire avaient été tués au Darfour ces derniers mois.

Dans l'est du Tchad, où le HCR gère 12 camps de réfugiés abritant quelque 230.000 Soudanais, l'agence s'est dite "profondément préoccupée" par la sécurité.

Le Tchad commence aussi à ressentir les effets de cette situation au plan environnemental, avec la raréfaction de ressources naturelles telles que l'eau et le bois de chauffage, souligne le HCR.

"La pression additionnelle est causée par des dizaines de milliers de personnes supplémentaires qui fuient l'insécurité, ce qui représente un véritable risque d'épuisement de ces ressources", explique-t-il.