L'insécurité paralyse l'activité des ONG au Darfour

Reuters

L'express, 26 Janvier 2007


Les violences à l'encontre du personnel humanitaire paralysent les missions en cours au Darfour, déplore Tom Arnold, directeur exécutif de Concern Woldwide, de retour d'une visite dans cette région de l'ouest du Soudan.

"Ces derniers mois seulement, 12 travailleurs (humanitaires) ont été tués, cinq ont été portés disparus et 90 véhicules ont été volés", a-t-il déclaré à Reuters. "L'insécurité grandissante sur le terrain rend l'accès à la population de plus en plus difficile."

L'organisation française Action contre la faim a fait savoir cette semaine qu'un membre d'une ONG internationale avait été violé et a signalé une fausse exécution au cours de l'attaque, en décembre, de ses installations de Gereida, dans une zone contrôlée par les rebelles.

Quatorze mille travailleurs humanitaires viennent en aide à la population du Darfour, en proie depuis quatre ans à une guerre civile qui a fait 200.000 morts et 2,5 millions de déplacés.

Si les autorités soudanaises et les mouvements rebelles se renvoient généralement la responsabilité des violences dont les ONG sont victimes, celles-ci ne font habituellement pas de distinction quant à leurs agresseurs, évoquant seulement des assaillants armés.

Un sommet de l'Union africaine consacré au conflit aura lieu lundi et mardi à Addis-Abeba.

Concern Woldwide reste néanmoins pessimiste quant à l'évolution de la situation et table sur la poursuite de ses opérations au Darfour jusqu'en 2012.

"La crise ne fera qu'empirer en 2007 pour les déplacés et les travailleurs humanitaires, à moins que la communauté internationale ne s'implique davantage et que la sécurité s'améliore de façon significative", prédit Tom Arnold.

"L'hypothèse de travail est de cinq ans supplémentaire pour nos camps, qui abriteront alors des enfants de huit ans nés sur place", souligne-t-il.