El-Béchir-Kiir : ça barde !

Redaction

Afrique Centrale Info, 09 Janvier 2007

Le chef de l’Etat soudanais, le nordiste Omar el-Béchir, et son adjoint sudiste Silva Kiir, ont publiquement échangé des accusations sur l’application de l’accord de paix dans le sud Soudan lors d’une cérémonie à Juba marquant le deuxième anniversaire de sa signature.

M. Kiir, lors d’un meeting à Juba (sud) retransmis par la télévision nationale, s’est plaint des retards dans l’application de l’accord signé le 9 janvier 2005, accusant le Congrès national, parti de M. Béchir, d’en être responsable.

"Pourquoi le Congrès national continue jusqu’à ce jour à soutenir des groupes armés ?", s’est exclamé le premier vice-président, en évoquant la présence de milices dans le sud alors que l’accord prévoit leur démantèlement.

Il a évoqué aussi les questions encore non-réglées de la zone pétrolière d’Abyei, à la limite nord/sud et revendiquée par les deux parties: délimitation des frontières entre le nord et le sud et partage des ressources pétrolières.

Lui répondant, le président Béchir, visiblement en colère, a attribué le retard dans l’application de l’accord de paix au gouvernement semi-autonome du sud auquel il a reproché de n’avoir pas participé à temps aux commissions devant mettre en oeuvre les dispositions de cette entente qui avait mis fin à une guerre de plus de 20 ans dans le sud du pays.

"Nous avons attendu les représentants du sud pendant six mois et dépensé 60 millions de dollars pour qu’ils viennent participer au mécanisme de mise en application" de l’accord, a-t-il affirmé.

L’accord de paix dans le sud avait été signé entre le Congrès national et l’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), qui avait animé la longue rébellion dans le sud.