Darfour: les 27 cherchent comment continuer à financer la force africaine

Afp

Le Monde, 19 Janvier 2007

Les 27 vont chercher lundi comment continuer à financer la force de maintien de la paix de l'Union africaine (UA) au Darfour, en attendant la mise en place d'une mission hybride UA-ONU dans la province soudanaise, a-t-on appris de sources européennes.

"L'UE réaffirme son engagement à continuer à soutenir l'Amis (mission de l'UA) pendant la période de transition vers une force hybride au Darfour", indique un projet de déclaration qui devrait être adopté lundi par les ministres européens des Affaires étrangères réunis à Bruxelles.

"Nous discutons de la façon dont nous allons peut-être continuer le financement de l'Amis", qui a encore besoin de plusieurs centaines de millions d'euros avant de passer le relais à une éventuelle force hybride, a précisé une source diplomatique.

La communauté internationale tente de convaincre Khartoum d'accepter une mission de l'ONU ou au moins une force hybride ONU-UA, pour remplacer et renforcer la mission africaine, mal équipée et sous-financée.

Les 27 pourraient d'ailleurs envisager des "mesures" contre toute partie qui s'opposerait à la mise en place de cette nouvelle mission, une allusion à d'éventuelles sanctions à l'Onu contre le gouvernement soudanais.

L'UE, principal soutien financier à cette force, a déjà octroyé 242 millions d'euros à la force africaine, pris sur le fonds spécial européen de soutien à la paix en Afrique qui contenait 300 millions d'euros pour la période 2004-2007.

Mais ce fonds est vide. Il pourrait être réabondé, avec l'accord des Etats membres, de la Commission et des pays ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique), mais par une procédure lourde qui ne pourrait pas s'achever avant le mois de mai, selon une source communautaire, alors que l'Amis va affronter des problèmes financiers "à très courte échéance".

Les 27 vont donc "appeler les autres pays et organisations à fournir un soutien financier et matériel supplémentaire à l'Amis". Ce qui n'exclut pas que certains Etats membres se disent prêts à prendre sur leur budget pour soutenir cette force.

Les ministres des Affaires étrangères devraient également prolonger de six mois jusqu'au 30 juin 2007 la mission militaire et civile de soutien à l'Amis, qui comporte actuellement une soixantaine de policiers et experts militaires de l'UE.

Ils devraient également dénoncer la situation sécuritaire et humanitaire "intolérable".

Selon l'ONU, le conflit et ses conséquences dans cette région ont fait depuis février 2003 quelque 200.000 victimes et 2 millions de déplacés. Des chiffres contestés par les autorités soudanaises.

Pour dénoncer cette situation, des parlementaires et ONG organisent une manifestation dimanche à Bruxelles.

"Après la Bosnie et le Rwanda, nous ne pouvons rester indifférents devant le sort de millions de personnes menacées d'extermination", a expliqué le sénateur belge Alain Destexhe, à l'initiative de ce rassemblement.