L'émissaire américain sur le Darfour en visite à Khartoum

Agence France Presse

Agence France Presse, 14 Octobre 2006

Le président Bush a ordonné vendredi 13 octobre le maintien de la totalité des sanctions contre le gouvernement soudanais - incluant en particulier le blocage de tous les avoirs du gouvernement soudanais aux Etats-Unis prononcé en novembre 1997 - et y a ajouté l'interdiction faite à tout Américain d'effectuer toute transaction liée aux activités pétrolières et pétrochimiques. Le décret invoque "les politiques et les actions du gouvernement du Soudan, qui violent les droits de l'Homme, en particulier (...) au Darfour".

"Nous regrettons cette décision injuste", a déclaré le porte-parole du ministère des affaires étrangères Ali Al-Saddek, ajoutant que "le moment de cette décision est mal choisi". Cette annonce intevient au moment où l'émissaire américain sur le Darfour, Andrew Natsios, effectue une visite à Khartoum. La décision américaine renvoie "un message négatif qui n'aide pas au dialogue", a indiqué le porte-parole.

Selon le département d'Etat, M. Natsios est au Soudan, où il est arrivé vendredi, pour appeler Khartoum à autoriser le déploiement d'une force de l'ONU (17 000 soldats et 3 000 policiers) au Darfour, conformément à la décision du Conseil de sécurité de l'Onu, fin août. Le président soudanais Omar al-Béchir s'y est jusque là fermement opposé.

Samedi, Andrew Natsios a pu rencontrer le chef de la diplomatie soudanaise Lam Akol. Celui-ci a insisté sur l'importance du dialogue entre son pays et les Etats-Unis, mais n'a pas pris d'engagement dans le sens souhaité par Washington.