Tchad: les rebelles occupent une ville frontière avec le Soudan

Redaction

Afp , 16 Janvier 2007

Les rebelles tchadiens de l'Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD) ont pris mercredi matin sans combat le contrôle de la localité d'Adé, à la frontière entre le Tchad et le Soudan, a-t-on appris auprès des rebelles et des autorités. "Les troupes de l'UFDD ont pris sans combat la garnison d'Adé, dans la région du Ouaddaï, ce matin mercredi 17 janvier", a déclaré dans un communiqué le vice-président du mouvement rebelle, Acheikh Ibn Oumar.

Interrogée par l'AFP, une source officielle tchadienne s'exprimant sous couvert de l'anonymat a confirmé la chute d'Adé. "Cette infiltration massive de l'UFDD est le prélude à une opération militaire de grande envergure dans la région", selon cette source.

La prise d'Adé a été provoquée par "une violente altercation" entre les soldats gouvernementaux déployés dans cette localité frontalière, dans l'extrême est du pays, et les rebelles de la province soudanaise du Darfour, soutenus par N'Djamena, a expliqué M. Ibn Oumar.

Selon le responsable rebelle, ce conflit a pour origine le refus des soldats de l'armée régulière d'accueillir dans leur garnison ces miliciens appelés Toros-Boros, accusés d'avoir récemment participé à des violences contre des communautés arabes tchadiennes. Après des protestations des ONG humanitaires, N'Djamena avait assuré les avoir tous expulsés de son territoire.

"Les rebelles soudanais et leurs complices tchadiens devenant menaçants, une partie des éléments de la garnison a fait appel à l'UFDD", a affirmé M. Ibn Oumar. "A l'approche de nos troupes, les soldats débystes et leurs complices Toros-Boros ont fui la ville dans la nuit. Le reste de la garnison a rallié l'UFDD, dont les forces occupent Adé depuis de matin", a-t-il conclu.

La source officielle tchadienne s'est refusée à confirmer à l'AFP cette relation des événements d'Adé.

Après un mois de trêve, l'UFDD du général Mahamat Nouri a repris samedi ses opérations contre le régime du président Idriss Deby Itno, en annonçant l'attaque de deux localités de l'extrême nord du territoire tchadien, à plus de 900 km au nord-est de la capitale N'Djamena.

Les autorités tchadiennes n'ont confirmé que le seul raid mené contre Ounianga Kébir et affirmé que les rebelles avaient ensuite pris la fuite en direction du Soudan, poursuivis par les forces gouvernementales.

Ces opérations autour de la route qui relie N'Djamena à la Libye étaient les premières menées dans l'extrême nord du Tchad par l'UFDD, qui avait jusqu'à présent concentré ses attaques dans la seule partie est du pays.

Les combats entre l'armée gouvernementale et les rebelles de l'UFDD et de l'autre coalition composée du Rassemblement des forces démocratiques (RaFD) et de la Concorde nationale tchadienne (CNT) étaient suspendus depuis la bataille d'Hadjer Marfaïn, au nord d'Adé, au début du mois de décembre.

Après ces affrontements, N'Djamena avait annoncé avoir "totalement anéanti" la rébellion et avoir toutes ses forces hors du Tchad.

Les deux mouvements hostiles au président Deby avaient démenti avoir été anéantis puis avaient annoncé la mise en place d'un état-major commun destiné à coordonner leurs futures opérations.